JO-2018: Annecy lance l'altercandidature

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Au lendemain de la démission de son directeur général, Edgar Grospiron, et de l'enterrement d'ambitions financières dignes de ses rivales, la candidature d'Annecy s'engage dans la voie de la frugalité, avec l'espoir, devenu infime, de décrocher l'organisation des JO d'hiver 2018.

"Nous allons mener une candidature autrement. Il faut se réorganiser avec des gens qui sont là, en allant chercher des valeurs sûres à proximité", a déclaré lundi à l'AFP Christian Monteil, président du conseil de surveillance et président (DVD) du conseil général de Haute-Savoie, annonçant un nouvel organigramme pour les jours à venir.

"On va chercher (un successeur) dans le collectif qui est le nôtre. On n'aura pas de recours providentiel. C'est notre marque. On est moins gros que les autres", a poursuivi M. Monteil qui s'avouait la veille, à l'issue d'une réunion de crise houleuse, "incapable" d'aligner plus de deux millions d'euros pour continuer l'aventure, soit six fois moins que réclamé par Grospiron.

"Nos capacités à établir ce nouveau budget n'existent pas", renchérit-il. C'est donc avec 20 millions, contre 18 précédemment, qu'Annecy va devoir survivre jusqu'au 6 juillet prochain, date du vote des membres du Comité international olympique (CIO) à Durban. A titre de comparaison, ses concurrentes Munich (Allemagne) et Pyeongchang (Corée du Sud) se livrent un duel entre favorites avec près de deux fois plus de moyens. Injouable pour Annecy dont la candidature est essentiellement financée par des fonds publics.

A ce niveau-là, le dossier haut-savoyard n'a plus que des nano-chances de succès. C'est du moins ce qu'a jugé Edgar Grospiron, se disant incapable de faire gagner Annecy avec un tel budget et de mettre sur pied une véritable stratégie pour sensibiliser la centaine d'électeurs du CIO, cible d'un "rentre-dedans" agressif de la part de Munich et Pyeongchang.

La victoire n'est d'ailleurs pas vraiment au menu des décideurs qui, dimanche, dans leur communiqué de crise, annonçaient de modestes objectifs: "Compte-tenu de l’énorme plus-value apportée pour la promotion du territoire et des valeurs olympiques, il est donc acquis que la candidature française remettra un dossier, le 11 janvier au CIO".

La situation est d'autant plus rageante que ce dossier, deuxième mouture du projet annecien après les remontrances adressées au premier par le CIO, est de l'avis général largement concurrentiel. Encore faudra-t-il mettre les formes et les fastes attendus pour le démontrer lors de la visite de la commission d'évaluation, du 9 au 12 février prochains.

Annecy, à sec, n'a plus son destin entre les mains. Pour espérer rivaliser, les Français doivent compter sur un gros faux pas des deux favoris ou sur une brutale conversion des Olympiens aux vertus de l'"authenticité" et de la "modestie", selon les termes du président du Comité national olympique français (CNOSF), Denis Masseglia. Les Hauts-Savoyards n'auront sinon plus qu'à remplir leur tirelire pour remettre leur candidature en orbite pour 2022. Certains y pensent déjà.