Faug-Porret, la tête puis les jambes

Floréal Hernandez

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En rejoignant l'équipe réserve du Racing, cet été, Jérémy Faug-Porret ambitionnait de jouer avec les pros. C'est sur le point de se réaliser.
En rejoignant l'équipe réserve du Racing, cet été, Jérémy Faug-Porret ambitionnait de jouer avec les pros. C'est sur le point de se réaliser. —

Un plan de Carrière ? Jérémy Faug-Porret pourrait emprunter les traces de l'ancien international. Alors à Muret en CFA, Eric Carrière, 22 ans, a tapé dans l'œil de Nantes et intégré son équipe réserve en 1995. Un an plus tard, le meneur passe pro puis enchaîne les titres (2 Coupes de France, 4 championnats) et les sélections (10). Le défenseur de 23 ans ne se projette pas aussi loin, mais il sait qu'il a « une carte à jouer » dans le groupe pro du Racing avec qui il s'entraîne depuis deux semaines.
« Il m'aurait été impossible de jouer en réserve si je n'avais pas eu envie d'évoluer au-dessus. J'aurais eu trop peur de régresser », affirme Faug-Porret qui a rejoint le club, cet été, en tant que préparateur physique et latéral gauche de l'équipe 2. « Quand on le prend, on pense qu'il peut aller voir chez les pros, avoue François Keller, le coach des stagiaires strasbourgeois. Il devait aussi l'espérer. »
Il y avait pensé en tout cas. « En rejoignant la CFA 2 d'un club de National, la marche est un peu moins haute qu'avec une équipe de Ligue 1. Et les postes ne sont pas triplés. Donc quand il y a une blessure, on fait appel à un joueur de la réserve. » Le forfait de Bill Tchato lui offre l'occasion, samedi, de jouer le 8e  tour de la Coupe de France contre Thaon-les-Vosges (DH).
Le défenseur – « une bestiasse, selon Keller, car il est très costaud. On a l'impression qu'il a 28 ou 29 ans » –, aurait déjà dû connaître son premier match avec les pros à Rodez, en National, la semaine dernière. « Avec Cyriaque [Rivieyran], c'était le plus déçu que le match soit annulé », révèle Fournier. Un carton rouge en CFA 2 l'avait déjà privé du groupe professionnel, fin septembre. « C'est comme ça », dédramatise celui qui il y a cinq ans avait tourné la page du foot professionnel.

Une rémunération, deux postes
De la génération Benzema - Ben Arfa, Faug-Porret n'a pas été conservé, à 16 ans, par l'Olympique Lyonnais après une saison perturbée par des problèmes de croissance. Le latéral gauche rebondit à Valence mais le dépôt de bilan du club en 2005 le laisse sur le carreau. « J'avais 18 ans, je ne trouvais pas de club [il signera en DH à Chambéry]. Je me suis dit qu'il était temps de privilégier les études. Je n'ai pas trop mal fait vue comme il est difficile d'arriver au haut niveau », explique le titulaire d'un Master entraînement, préparation physique et management du sportif.
C'est par le biais de ses études qu'il débarque à Strasbourg, il y a deux ans, et qu'il rejoint les Pierrots-Vauban. Le Racing le repère grâce à un stage de deux ans au club et « une saison 2009-2010 où il a été le meilleur de son équipe », estime François Keller. « Ma bivalence a joué. Avec une seule rémunération, le club couvre deux postes », lâche, avec un grand sourire, Jérémy Faug-Porret en rejoignant le vestiaire du centre de formation.

La fête du sanglier

A 23 ans, Jérémy Faug-Porret a déjà un petit vécu en Coupe de France. Avec Chambéry (DH),il a atteint le 8e tour de la compétition en 2007 après avoir éliminé Istres (L2). Le défenseur a connu une grosse désillusion l'an dernier. « Avec Vauban, on s'est fait sortir au 4e tour par Ebersheim [Promotion]. C'était le jour de la fête du sanglier et j'avais été bidon. »