Raymond Domenech: "Là, j'ai trouvé du bonheur, je respire"

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"Là, j'ai trouvé du bonheur, je respire", a expliqué à l'AFP Raymond Domenech, évoquant sa vie après l'équipe de France, partagée entre équipe de jeunes footballeurs et tournoi de poker, perdu en finale vendredi à Paris.

Q: Pour être brutal, on dirait que ce tournoi de poker, vous l'avez un peu perdu en finale aux tirs au but, comme en 2006...

R: "C'est le jeu. Je suis content d'avoir été au bout et de jouer le plus longtemps possible. Cela n'a rien à voire avec le foot si ce n'est la concentration qui se rapproche de celle du sport de haut niveau. On doit tout intérioriser et essayer de voir ce qui se passe. On ne voit pas passer le temps. C'est l'avantage. Le temps n'existe plus quand on joue au poker."

Q: Qu'est-ce-qui vous anime en ce moment?

R: "Dans ce genre d'opération, le film était un vrai moment de bonheur mais aussi les mercredis après-midi avec mes gamins à l'ACBB (Athletic club de Boulogne-Billancourt) sur le terrain. Là, c'est les yeux dans les yeux et je suis content de l'avoir fait, car j'aime vraiment la rencontre. Je suis parti sur autre chose, j'avais besoin de plaisir. Là, j'ai trouvé du bonheur, je respire. C'est ça l'essentiel. Quand on voit le sourire des gamins qui sont contents... Là aussi, les gens sont contents à la table, on se détend. On ne joue pas notre vie."

Q: Êtes-vous en train d'amorcer une carrière d'acteur?

R: "Si j'avais 40 ans, je me dirais que c'est une reconversion possible. J'aimerais, mais là, c'est compliqué. J'aime les ambiances de cinéma, de tournage. Ou alors, il me faut un rôle, bien maquillé, en costume. Je suis un autre personnage, sinon l'identification pose problème. Un peu comme certains acteurs qui sont connotés."

Q: Que répondez-vous à tous ceux qui imaginent que tout cela n'est qu'un +plan com'+ pour redorer votre image?

R: "Je ne peux pas imaginer qu'on ne me croie pas capable de trucs purs et naturels, d'actes simples. Ca me touche, car c'est mettre en doute ce que je suis au fond de moi-même. J'ai été humilié par ceux qui pensent l'inverse. Je me suis demandé comment des gens pouvaient avoir l'esprit aussi tortueux."

Q: Où en sont vos affaires juridiques? Est-ce un moyen de vous changer les idées?

R: "Il n'y a pas d'affaires. J'ai coupé avec le reste. Ce n'est pas mon problème. Le mien, c'est le plaisir que je prends, car avant je n'avais pas le temps de faire tout ça."

Q: Vous le défenseur, voulez-vous +faire payer+ la Fédération? Etes-vous revanchard? Y'a-t-il un sentiment de vengeance?

R: "Non, ce sont tous vos mots. Moi, je ne dis rien et je ne le veux pas. Je ne suis pas stupide. J'ai un avocat qui s'occupe de ça. Moi, je veux respirer et prendre le temps."

Q: Vous tenez-vous au courant de l'actualité des Bleus? Vous avez suivi leurs matches ou vous ne le souhaitez pas?

R: "Je regarde. Je baigne dans le foot depuis l'age de 5 ans. Je suis content quand l'équipe de France gagne, car j'en suis toujours le premier supporteur."

Propos recueillis par Colin DRONIOU