des ultras décryptés par Nicolas Hourcade

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Sociologue à l'Ecole centrale de Lyon, Nicolas Hourcade étudie les groupes de supporters. Pour 20 Minutes, il décrypte les UB 90.

« Un groupe banal et particulier. » Le mot « banal » n'est pas péjoratif. Simplement, la création des UB 90 ressemble à celle de nombreux autres groupes ultras dans les années 1990. Mais ils sont apparus dans un contexte spécifique. « Pour eux, il a été moins évident d'implanter le style ultra italien, car il y avait déjà des modèles locaux en place comme le CCS et des groupes influencés par les supporters anglais et allemands, note le sociologue. Les UB 90 ont dû aussi se distinguer des hooligans et montrer qu'ils étaient des supporters respectables. » Autre caractéristique des UB 90 : leur volonté d'engagement national et local. « Ils ont eu un rôle moteur dans les tentatives collectives des ultras français, notamment contre une répression qu'ils jugent excessive et inadaptée, remarque Hourcade. Au niveau strasbourgeois, c'est un groupe impliqué dans la vie du club. »
Survivre en National. « On ne retrouve des ultras quasiment que dans les clubs ayant eu un passé professionnel », indique Hourcade. Si la vie de groupe et les déplacements continuent, l'arrivée dans le monde amateur des ultras ne passe pas inaperçue. « Ils ne partagent pas les mêmes codes que le public amateur qui ne les voit pas toujours d'un bon œil, remarque le sociologue. D'autant que les mesures de sécurité ne sont pas les mêmes qu'en L1 ou L2. » Hourcade poursuit : « C'est un sacerdoce de supporter un club en National. »F. H.