La Fédération française de cyclisme invite ASO à plus de solidarité

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La Fédération française de cyclisme, par la voix de son président David Lappartient, a mis jeudi sur la place publique son litige avec ASO, organisateur du Tour de France, à qui il a demandé plus de solidarité.

Invité à payer "le juste prix" pour ses assurances, ASO (Amaury Sport Organisation), qui organise la quasi-totalité des grandes courses françaises, a annoncé en réponse sa décision de s'assurer de son côté.

"Ce n'est pas au licencié de base de payer pour ASO", a attaqué en matinée David Lappartient au cours d'une conférence de presse tenue au siège fédéral de Rosny-sous-Bois.

"On constate qu'ASO ne paye pas le juste prix" en matière d'assurances, a souligné le président de la FFC en évoquant un ratio sinistre-prime élevé suite à des accidents du type de celui de Paris-Roubaix en 2009 ("ça a coûté 1 million d'euros"), malgré les efforts menés par ASO en matière de sécurité.

"Depuis (l'annonce de la conférence de presse), mon numéro de téléphone a dû être retrouvé... (...) Ils m'ont appelé en disant qu'ils étaient prêts à étudier (le dossier). Ils ne contestent pas les chiffres", a-t-il ajouté en voulant croire en une solution bien que la prime demandée au secteur professionnel, pour l'essentiel ASO, ait été multipliée par trois par la FFC (de 250.000 euros à 750.000 euros).

"ASO s'acquittera des sommes dues en négociant directement avec les compagnies d'assurances", a répondu en fin d'après-midi le directeur général d'ASO, Yann Le Moenner, qui a assuré "ne pas vouloir polémiquer avec la FFC".

Dans un second volet, David Lappartient a regretté la fin du mécénat d'ASO envers le secteur amateur.

Cette aide s'élevait à 135.000 euros l'année passée et auparavant à quelque 240.000 euros, hormis la somme exceptionnelle d'un million d'euros versée pour 2008 quand ASO, en conflit avec l'Union cycliste internationale (UCI), avait organisé ses courses sous l'égide de la FFC qui dispose, a rappelé son président, "du pouvoir réglementaire".

"Leur mission n'est pas de financer le cyclisme amateur mais je trouve logique qu'il y ait solidarité", a estimé le président de la FFC qui a chiffré à 300.000 euros le montant d'une aide "acceptable pour nous et raisonnable pour eux" et a évoqué ainsi le changement intervenu chez ASO: "Avant, le pouvoir était aux sportifs, que ce soit Jean-Marie Leblanc ou Christian Prudhomme, ils avaient ce lien ancré en eux. Aujourd'hui, le groupe est entré dans une logique financière."

Sur ce sujet, l'aide au cyclisme amateur, le directeur d'ASO a réagi en relevant que "la proposition faite cette semaine n'était visiblement pas acceptée".

"Nous trouverons donc des projets concrets et réalistes que nous financerons directement", a conclu Yann Le Moenner.