Tournée d'automne: La France aime la mêlée, l'Australie moins

RUGBY Les deux pays n'accordent pas du tout la même importance à cette phase de jeu...

Alexandre Pedro

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La première-ligne du XV de France à l'entraînement avec de gauche à droite, Nicolas Mas, William Servat et Fabien Barcella, le 19 juin 2009 à Wellington.
La première-ligne du XV de France à l'entraînement avec de gauche à droite, Nicolas Mas, William Servat et Fabien Barcella, le 19 juin 2009 à Wellington. — A.Phelps / REUTERS

Thomas Domingo est bien embêté. Le pilier gauche du XV de France a beau se creuser les méninges, impossible de retrouver les noms des trois gaillards qui composent la première-ligne australienne qu’il doit affronter samedi au Stade de France. Chez les Wallabies, la mêlée n’a jamais eu le caractère sacré que lui accorde le rugby français. «Quand on est dominé en mêlée, on dort mal la nuit», plaisante à peine l’autre pilier tricolore, Nicolas Mas.

Heureusement pour la qualité de leur sommeil  les «pilars» australiens n’ont pas un rapport aussi intime avec cette phase de jeu. Désossée par l’Angleterre lors de la dernière Coupe du monde du monde, la mêlée australienne a mauvaise presse. Comme les Anglais, les Bleus peuvent-ils gagner sur cette seule force et mettre fin à cinq ans sans victoire contre les hommes de Robbie Deans?  Nicolas Mas préfère calmer tout le monde sur cette prétendue faiblesse australienne. «On en fait un peu trop autour de ce sujet, coupe le Perpignanais.  Il ne faut pas croire qu’ils ont une mauvaise mêlée. Ils arrivent à sortir tous les ballons sur leur introduction, même quand ils sont dominés.»

Une mêlée fuyante

Conscient de leurs limites dans ce domaine, les Australiens rusent, esquivent, fuient le combat. Du moment où les ballons sortent propres et exploitables, le reste n’est que littérature. «Ils ont une manière d’aborder la mêlée différente de la nôtre, poursuit Domingo. Ils sont assez malins. Sur leurs introductions, ils vont vite sortir le ballon pour éviter de souffrir. C’est à nous trouver la solution pour essayer de les contrer et qu’ils aient les ballons les moins propres à exploiter».

Pour préparer leur rencontre de samedi, Mas, Domingo et le talonneur William Servat peuvent compter sur un tout nouveau simulateur de mêlée capable de reproduire la poussée adverse. Jalousement caché dans les entrailles de Marcoussis (les journalistes australiens ont essayé de le voir en vain), ce bijou de technologie touche parfois à ses limites comme le reconnaît Thomas Domingo: «Le simulateur a du mal à reproduire une mêlée fuyante puisqu’il reste assez fixe». La mêlée n’a rien d’une science exacte renchérit Nicolas Mas. «Il ne faut pas croire qu’on est les meilleurs au monde. En ce moment ça marche, tout peut basculer d’un match à un autre mais une mêlée c’est fragile». Fragile, comme un pilier australien?