Tennis: Serena Williams, l'éclipse totale ?

© 2010 AFP

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L'Américaine Serena Williams a toujours su revenir aussi forte voire plus performante de ses blessures, mais celle qui la tient éloignée du circuit depuis juillet, et au moins jusqu'à fin janvier, est entourée de mystère et d'interrogations.

A l'écart des courts depuis sa victoire à Wimbledon, la N.4 mondiale a d'ores et déjà déclaré forfait jeudi pour l'Open d'Australie, qui se tiendra du 17 au 30 janvier 2011 et dont elle est tenante du titre.

Comme sa soeur Venus, touchée au genou gauche, elle avait déjà renoncé à la finale de la Fed Cup et au Masters de Doha. Mais à 29 ans, après avoir glané treize titres du Grand Chelem et écrasé un circuit WTA dès qu'elle s'en donnait un peu la peine, des doutes entourent la réelle motivation de la joueuse.

Officiellement, elle s'est entaillé un pied sur des bris de verre dans un restaurant de Munich en juillet dernier. Elle a alors subi une première intervention chirurgicale.

"Comme je l'ai appris récemment, le fait de m'entraîner si intensément et si tôt n'a fait qu'aggraver ma blessure", a-t-elle déclaré jeudi, précisant qu'elle avait dû être de nouveau opérée mais souhaitait "de toutes (ses) forces revenir sur les courts".

Sept mois d'absence pour une coupure: le sort paraît bien cruel avec la joueuse. Adepte d'une communication verrouillée, Serena laisse entendre que sa convalescence n'est toutefois pas que sang, sueur et larmes pour revenir.

Celle qui, selon son site internet personnel, incarne "le style, le pouvoir, la beauté et le courage" et qui comme "de nombreuses célébrités de premier plan" est identifiable "par son seul prénom", passe une partie de son temps à alimenter sa messagerie twitter.

Elle y fait la promotion de plusieurs marques, appelle à la générosité pour des oeuvres caritatives, signale ses cours de guitare, ses passages télé et clame son amour pour son chien. Loin, bien loin du circuit.

Cette éclipse n'est cependant pas une première dans la longue carrière de Serena. Elle a même un curieux air de déjà-vu.

En 2003, la cadette des soeurs Williams, victime d'une déchirure partielle d'un ligament du genou gauche, doit mettre un terme à sa saison en août, dans le sillage de sa victoire à Wimbledon. Elle déclare ensuite forfait pour l'Open d'Australie 2004, ne revenant sur les terrains qu'après huit mois d'éloignement.

C'est à l'époque qu'avec sa soeur, elle commence à alimenter la rubrique people et faits divers des journaux, à défaut des pages sport.

Elles sont ébranlées par l'assassinat de leur demi-soeur Yetunde en septembre 2003 lors d'un règlement de comptes à Los Angeles ainsi que par un procès interminable les opposant à deux promoteurs de tennis américains.

Durant cette période Serena Williams prend aussi ce goût, qui ne l'a plus quittée, pour les à-côtés de la célébrité: séances photos, shopping, dessins de mode, actions humanitaires, émissions télé et apparitions dans des séries.

Elle termine la saison 2006 à la 96e place mondiale, avant de signer un come-back comme les Etats-Unis les aiment en remportant l'Open d'Australie-2007 en laminant en finale la N.1 mondiale, la Russe Maria Sharapova (6-1, 6-2).

Elle enchaîne par une victoire à l'US Open-2008, deux autres sacres à Melbourne (2009-2010) et Wimbledon (2009-2010) et redevient N.1 mondiale.

Mais ce nouveau coup d'arrêt semble clore ce chapitre, l'épilogue?