La FFR lance officiellement son étude pour la construction d'un stade

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La Fédération française de rugby a officiellement lancé jeudi l'étude de faisabilité de la construction de son propre stade, dont la capacité est prévue à 80.000 places avec livraison à l'horizon 2017, pour un coût estimé de 600 millions d'euros.

Le produit de sept mois d'études préalables, confié à l'ancien président de la Ligue nationale de rugby Serge Blanco, actuel membre du Comité directeur de la FFR, a été présenté jeudi devant le Bureau fédéral et a été approuvé dans la foulée par le Comité directeur réuni au Centre national (CNR) de Marcoussis.

"Je crois que la Fédération de rugby est une entreprise. Je crois qu'une entreprise, pour grandir, doit avoir son outil de travail", a déclaré le président de la FFR, Pierre Camou.

"A la fin de l'année prochaine, nous prendrons la décision ferme et définitive. Le Comité directeur prendra la décision de savoir si la Fédération se lance dans la grande aventure, pour avoir un stade en 2017", a pour sa part précisé Serge Blanco.

La FFR a d'ores et déjà manifesté son intention de ne pas renouveler la convention qui la lie jusqu'en 2013 avec le consortium du Stade de France, qu'elle juge par trop contraignante et qui a entraîné selon elle un manque à gagner de 160 millions d'euros depuis que le XV de France y dispute des rencontres en 1998.

"Je n'ai jamais dit que nous n'utiliserions plus le Stade de France après 2013. J'ai remis en cause la convention pour l'après-2013. Il y a ensuite entre l'Etat et le consortium une convention jusqu'en 2025 mais je ne suis pas directement concerné", a déclaré Pierre Camou.

Le projet conçu prévoit un stade de 80.000 places avec toit et pelouse rétractables munis d'"espaces conviviaux et diversifiés" ayant vocation à accueillir d'autres manifestations sportives et culturelles.

"Ce ne sera pas qu'un stade de rugby mais une agora ou une enceinte artistique, sportive et culturelle. Il fera partie d'un élément structurant pour le sport français car il pourra accueillir différents sports dans des capacités importantes", a précisé Pierre Camou.

Serge Blanco a estimé à 17 à 20 manifestations annuelles le seul de rentabilité du projet. Le XV de France dispute actuellement cinq à six rencontres par an dans l'Héxagone: deux ou trois lors du Tournoi des six nations et trois lors des test-matches de novembre.

Quatre municipalités d'Ile-de-France (Massy, Senart, Bondoufle et Marne-la-Vallée), totalisant onze sites différents au total, ont déjà manifesté leur intérêt, mais "d'autres collectivités locales vont se manifester", a ajouté Serge Blanco.

"Dans le +business plan+ que nous avons fait, nous n'avons fait état d'aucune subvention publique. Mais nous n'avons rien contre les différentes subventions qui pourraient venir de droite ou de gauche", a ajouté Pierre Camou, élu à la présidence de la FFR en juillet 2008 en remplacement de Bernard Lapasset.