Metella, son prénom est aussi Mehdy

NATATION Le petit frère de Malia compte se faire une place dans le paysage de la natation française, dès cette semaine aux championnats d'Europe en petit bassin...

Romain Scotto

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Le nageur français Mehdy Metella, lors d'une compétition le 16 août 2010 à Singapour, lors des Jeux olympiques de la jeunesse.
Le nageur français Mehdy Metella, lors d'une compétition le 16 août 2010 à Singapour, lors des Jeux olympiques de la jeunesse. — A.Chan/AFP

Comme toujours avant une compétition, il a reçu le coup de téléphone de sa grande sœur, Malia, mercredi matin. «Elle était avec ma mère et elle n’arrêtait pas de hurler dans le téléphone…» La jeune retraitée n’est pas là pour donner des conseils à son frangin. Juste quelques encouragements. Dans l’ombre de la vice-championne olympique d’Athènes grandit donc Mehdy, 18 ans, et un potentiel de grand sprinter.

Dès jeudi, le nageur licencié à Toulouse plongera pour la première fois en compétition internationale chez les séniors. Le baptême aura lien en petit bain, à Eindhoven, à l’occasion d’un championnat d’Europe dont les meilleurs Français sont dispensés. Pour eux, le rendez-vous de la fin d’année est fixé à Dubaï, pour les Mondiaux. Aux Pays-Bas, la fédé a préféré miser sur une colonie de jeunes alevins.

«Je vais nager 6 ou 7 courses. Mais je ne sais pas quoi…»

«Bien qu’il ait envie de tout casser, une médaille reste de l’ordre du rêve», note Lucien Lacoste, son entraîneur, qui décrit son élève comme un bon vivant, renfermé sur lui-même à l’approche de la compétition. «C’est bien de mettre le pied à l’étrier à des jeunes, mais de là à attendre des exploits de leur part…» A vrai dire, le petit frère n'y pense même pas. A son arrivée sur place, il était incapable de décliner son programme. «Je vais nager 6 ou 7 courses du 50m au 200m. Mais je ne sais pas quoi…» Son coach le lui expliquera.

«L’essentiel, c’est que je sente beaucoup d’envie chez lui, enchaîne Lacoste. Il a les yeux qui pétillent. Il va pouvoir observer, grandir pour arriver au niveau des meilleurs.» Pour l’instant, celui qui passe un Bac pro et un CFA de vente (en marge de ses 6 heures quotidiennes d’entraînement) se contente de dominer les adversaires de son âge. Champion d’Europe du 100m papillon, il a franchit une nouvelle marche, l’été dernier à Singapour en enlevant l’or des Jeux de la jeunesse, sur 100m nage libre. Il en garde aujourd’hui une image: «Quand (son) nom s'est inscrit devant tous les autres». Et un surnom: «Medhynamite». Reste à allumer la mèche chez les plus grands.