XV de France: Alexis Palisson confirmé contre l'Australie

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Alexis Palisson, solide au poste d'arrière du XV de France dans un match fermé contre l'Argentine, est confirmé dans le XV de départ, sur l'aile gauche, pour affronter l'Australie, l'adversaire qui avait révélé ses talents au grand public lors de la tournée estivale de juin 2008.

A 20 ans, Palisson avait été une des rares satisfaction de ce périple de triste mémoire en terre australe, soldé par deux cuisantes défaites (13-34 et 10-40) pour un XV de France amputé de ses meilleurs éléments, retenus par la phase finale du Top 14.

Le Briviste honorait alors sa première convocation avec le XV de France. "Je ne m'y attendais pas du tout. J'avais été cinq ou six fois titulaire en Top 14 et boum, je me retrouvais en équipe de France. Tout était nouveau pour moi et notamment le rapport aux médias", se remémore le joueur, qui compte désormais 11 sélections sous le maillot bleu.

Son baptême du feu international, malgré la défaite, fut haut en couleur. Interrogé sur son duel avec le robuste ailier australien Lote Tuqiri, qui lui rendait 28 kilos et 58 sélections, le Briviste avait promis de "s'accrocher à son short et d'essayer de le faire tomber". Ce que la presse locale avait traduit par: "je vais déculotter Tuqiri."

Les Australiens feignirent de s'en offusquer mais dès le premier duel, Palisson administra un cadrage-débordement d'école à son alter-ego qui dut sortir quelques minutes plus tard, blessé à un genou. Dans la foulée, le Briviste inscrivit l'unique essai français en tamponnant au passage le capitaine des Wallabies Stirling Mortlock.

"L'Australie, c'est ma bête noire. J'ai perdu trois fois contre eux. C'est une belle équipe qui continue de pratiquer un jeu intéressant", retient le joueur.

Après cette entrée en matière tonitruante, la suite de la carrière internationale de Palisson fut moins linéaire.

Barré par l'éclosion de Maxime Médard, le Briviste se contente de quelques bouts de matches en novembre 2008 et manque le Tournoi des six nations 2009. Pire: convoqué pour la tournée estivale 2009 en Nouvelle-Zélande et en Australie, il fut le seul joueur à n'avoir pas disputé la moindre minute des trois test-matches aux antipodes.

"Ca a été difficile mais je ne suis pas quelqu'un qui va râler pour avoir du temps de jeu. Il n'a pas été nécessaire de venir me parler pour que je me remette au travail. Je ne suis pas reparti vexé mais avec les crocs: tu touches le haut niveau, tu le caresses mais tu n'y vas pas. Ca m'a donné envie de franchir une étape de plus", se souvient le joueur.

En 2010, la tendance s'inverse. Médard est écarté et Palisson remis en selle lors du Tournoi des six nations. Blessé contre l'Irlande, il est titulaire au pays de Galles et inscrit un essai après une interception et une course de soixante mètres. Et grave une première ligne sur son palmarès avec le Grand Chelem.

Titulaire à l'arrière samedi dernier contre les Pumas (15-9) à Montpellier, son poste habituel en club, Palisson n'a guère eu loisir de s'exprimer, avant de revenir à l'aile pour affronter les Wallabies. "Je prends autant de plaisir aux deux postes même si j'ai peut-être plus de liberté pour les relances à l'arrière. Mais bon, on l'a vu contre l'Argentine, je n'ai fait que deux relances."

Palisson a des fourmis dans les jambes. L'Australie arrive à point nommé.