Marc Lièvremont: «On a manqué de patience»

INTERVIEW Après la victoire du XV de France face à l'Argentine...

Propos recueillis par Nicolas Guyonnet

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Habitué aux montagnes russes, avec un Grand Chelem dans le Tournoi des six nations au printemps suivi de deux corrections estivales en Afrique du Sud (17-42) et en Argentine, le XV de France doit à présent faire oeuvre de constance à moins d'un an du Mondial-2011 puisque la vengeance, à en croire joueurs et entraîneurs, est mauvaise conseillère.
Habitué aux montagnes russes, avec un Grand Chelem dans le Tournoi des six nations au printemps suivi de deux corrections estivales en Afrique du Sud (17-42) et en Argentine, le XV de France doit à présent faire oeuvre de constance à moins d'un an du Mondial-2011 puisque la vengeance, à en croire joueurs et entraîneurs, est mauvaise conseillère. — Franck Fife afp.com

Marc Lièvremont analyse la courte victoire décrochée contre l’Argentine (15-9), samedi soir au stade de la Mosson à Montpellier. C’était le deuxième match de la tournée d’Automne des Bleus.

On a senti un peu de précipitation de la part de l’équipe, est-ce votre avis?

Par moment les joueurs ont la volonté de trop bien faire. On a dominé physiquement au milieu de terrain, on a été vigilant, on a fait des passes impossibles mais il y a eu du déchet et un manque dans les soutiens. On a le sentiment de vouloir trop en faire et de vouloir tuer le match trop rapidement. Les joueurs ont manqué de patience.

Dans le dernier quart d’heure les joueurs ont baissé de rythme …

Il y a eu un gros coup de mou. Il a été physique et psychologique. La dépense d’énergie a été importante et les joueurs on pêché dans la gestion du jeu. Il faut savoir gérer la partie et savoir accélérer et ralentir au bon moment. On aurait pu calmer le jeu et reprendre notre souffle mais au contraire on a laissé le ballon vivant au milieu. Les Argentins eux n’avaient rien à perdre et ils ont tout donné pour revenir.

Cela vous inquiète?

Pas du tout. La confiance est là on ne met pas en doute les bonnes volontés et l’engagement de tous, les joueurs sont impliqués partout mais il y a eu beaucoup de maladresses. Un manque de repères en commun, il faut passer plus de temps ensemble. On sera beaucoup mieux contre l’Australie. C’était le premier gros match de rentrée pour certains joueurs.

Pourquoi vous n’effectuez qu’un seul changement, Ouedraogo par Harinordoquy pour le match contre l’Australie samedi au stade de France?

Sur les deux premiers matchs, je voulais voir un maximum de joueurs. Là je fais un choix sportif avec les joueurs qui peuvent défendre les chances de l’équipe de France face à l’Australie. On a pris en compte les spécificités des Australiens et le bien-être collectif et individuel des joueurs. Le groupe a besoin de travailler ensemble, les joueurs manquent de repères.

L’Australie est la seule équipe que vous n’avez pas battue depuis que vous êtes en poste. Est-ce un défi personnel?

C’est un double challenge. Gagner pour cela, mais aussi pour confirmer notre jeu. Il y a eu contre l’Argentine beaucoup de belles choses dans l’impulsion, la variété, le lancement de jeu, la conquête et la maîtrise en première mi-temps. Les joueurs devront mettre la même application dans le jeu. En revanche s’il y a autant de déchets, notamment dans la relance, que contre l’Argentine, on va être punis.