Le Yémen accueille à partir de lundi, dans sa partie sud secouée par la violence, la 20e Coupe du Golfe, un tournoi de football régional placé sous haute surveillance.
Le Yémen accueille à partir de lundi, dans sa partie sud secouée par la violence, la 20e Coupe du Golfe, un tournoi de football régional placé sous haute surveillance. — - afp.com

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La 20e Coupe du Golfe de football se tient au Yémen sous haute surveillance

Le Yémen accueille à partir de lundi, dans sa partie sud secouée par la violence, la 20e Coupe du Golfe, un tournoi de football régional placé sous haute surveillance.

Le Yémen accueille à partir de lundi, dans sa partie sud secouée par la violence, la 20e Coupe du Golfe, un tournoi de football régional placé sous haute surveillance.

C'est la première fois depuis la naissance de ce tournoi annuel en 1970 que ce pays pauvre du sud de la péninsule arabique, à la modeste équipe nationale, organise cet évènement sportif très populaire dans les pays du Golfe.

Au total, huit équipes nationales vont se disputer le titre de ce tournoi qui aura lieu dans le stade d'Aden, capitale méridionale du Yémen, et celui de Zanjibar, chef-lieu de la province proche d'Abyane.

Outre le Yémen et l'Irak, les six monarchies du Golfe seront représentées: l'Arabie saoudite, Bahreïn, les Emirats arabes unis, Oman, Qatar et Koweït.

Des mesures sans précédent ont été prises pour assurer la sécurité des participants et des spectateurs, d'autant plus que cette partie du Yémen, qui était un Etat indépendant avant 1990, est un foyer de la contestation de sudistes qui réclament l'autonomie voire l'indépendance.

Le réseau Al-Qaïda est également de plus en plus actif dans cette région, notamment dans la province d'Abyane où il a multiplié les attentats.

Un dirigeant du mouvement sudiste, Chalal Ali al-Chaea, a été mis en cause par la justice dans l'attentat contre le siège d'un club sportif d'Aden qui avait fait trois morts le 11 octobre et qui était destiné à "saboter" la 20e Coupe du Golfe.

Mais la principale crainte concerne Al-Qaïda, même si son implantation est récente dans le sud du pays.

L'insécurité a alimenté les spéculations sur la capacité du Yémen d'accueillir le tournoi, et diverses rumeurs ont circulé sur son report ou son annulation.

Mais les autorités de Sanaa ont multiplié les assurances envers leurs voisins pour les convaincre d'y participer et donner une impression de normalité dans le sud du Yémen, dont les habitants se sentent négligés par le pouvoir central.

Les autorités cherchent aussi à donner un coup de fouet à l'économie stagnante du sud qui a un peu profité de la modernisation des installations sportives et de la rénovation d'installations hôtelières.

Le président Ali Abdallah Saleh s'est rendu en personne vendredi à Aden où il a inspecté les installations sportives et multiplié les réunions avec les responsables de l'organisation et ceux des services de sécurité.

Il a loué les "efforts consentis par les services de sécurité et l'armée pour faire en sorte que le tournoi se déroule dans une ambiance tranquille et sécurisée".

Les autorités ont mobilisé quelque 30.000 policiers et mis au point six cordons autour des installations sportives et des résidences des athlètes, selon le général Saleh Zawari, chef de la sécurité du tournoi.

L'objectif est de parer à toute menace d'Al-Qaïda ou d'activistes du Mouvement sudiste qui cherchent à utiliser cet évènement pour attirer l'attention sur leur cause.

Le mouvement sudiste n'a pas manqué d'appeler ses partisans à perturber le déroulement du tournoi, dans un communiqué reçu mardi par l'AFP.

Il a exhorté ses partisans à bloquer les routes menant aux deux villes organisatrices, à organiser des manifestations et une grève générale, et à appeler les dirigeants des pays participants à faire pression sur Sanaa pour libérer leur chef Hassan Baoum, arrêté le 10 novembre.