Sébastien Chabal enfin aligné comme troisième ligne centre avec l'équipe de France

RUGBY Marc Lièvremont a décidé de l’aligner comme troisième ligne centre face à l’Argentine...

Alexandre Pedro

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Sébastien Chabal, le 12 mars 2010 à Marcoussis;
Sébastien Chabal, le 12 mars 2010 à Marcoussis; — F.Mori / SIPA

A presque 33 ans, Sébastien Chabal va peut-être démarrer samedi contre l’Argentine une nouvelle carrière en bleu. «C’est une récompense pour une lui, se réjouit son ancien entraîneur à Bourgoin, Michel Couturas. Il a mis du temps à s’imposer comme à ce poste en équipe de France». Numéro huit de cœur et de métier, Chabal a d’abord été avec le XV de France un flanker à la coupe militaire avant de devenir lors de la Coupe du monde 2007 un deuxième-ligne aussi hirsute que médiatique. L’intéressé n’a pourtant jamais caché sa préférence: «Le poste de numéro huit est de loin celui que je préfère et je pense pouvoir y apporter le plus à mon équipe.» Cette opportunité, il l’attend depuis trois ans et une tournée néo-zélandais où la postérité a surtout retenu deux placages désintégrant sur Chris Masoe et Ali Williams plus que ses performances intrinsèques.

Avec Chabal, Marc Lièvremont avait jusqu’à présent marché dans les pas de Bernard Laporte. Deuxième ligne ou rien d'autre. «Il est enfin à son poste, tranche Laurent Cabannes, 59 sélections en équipe de France. On a émis des réserves sur ses performances en deuxième ligne, mais ce n’est pas un deuxième ligne. Il n’a pas le format et l’endurance pour ce poste, même s’il peut y jouer.»

«Un profil plus australien ou sud-africain»

Fixé en huit avec le Racing-Metro, l’ancien berjalien a donc fini par lever les derniers doutes de Marc Lièvremont et ses adjoints, jusque-là réticents à l’essayer en huit. Pour l’entraîneur des avants tricolores, Didier Retière, l’expérience mérite d’être tentée. «L'année dernière, on a constaté de gros progrès en termes de mobilité. Au Racing, c'est un joueur important à ce poste-là.»

Le barbu ne colle pourtant pas aux canons du troisième ligne centre français gare de triage comme le fait remarquer Laurent Cabannes. «Il a un profil plus proche des huit Australiens et les Sud-Africains qui viennent pénétrer les défenses et faire parler leur puissance.» Mais à un an le Coupe du monde, ce profile atypique peut être la chance de Chabal. «Il peut s’imposer à ce poste surtout quand on sait que son concurrent, Imanol Harinordoquy est capable d’évoluer comme troisième ligne aile, poursuit Cabannes. Maintenant, on attend aussi qu’il soit bon dans son placement et pour bien sortir les ballons quand sa mêlée recule». Michel Couturas nuance: «Sébastien a gagné en technique avec les années. On sous-estime un peu trop cet aspect de son jeu». Mais s’il  met un ou deux tampons dont il a le secret au passage, personne ne s’en plaindra.