GP de F1 d'Abou Dhabi: L'incroyable raté de Ferrari

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Ferrari et Alonso avaient leur destin en main avant le Grand Prix d'Abou Dhabi de Formule 1, avec 8 points d'avance sur Mark Webber et 15 sur Sebastian Vettel; ils ont pourtant dilapidé ce pactole, et les chances de titre de l'Espagnol, en commettant une incroyable erreur stratégique.
Ferrari et Alonso avaient leur destin en main avant le Grand Prix d'Abou Dhabi de Formule 1, avec 8 points d'avance sur Mark Webber et 15 sur Sebastian Vettel; ils ont pourtant dilapidé ce pactole, et les chances de titre de l'Espagnol, en commettant une incroyable erreur stratégique. — Guillaume Baptiste AFP

Ferrari et Alonso avaient leur destin en main avant le Grand Prix d'Abou Dhabi de Formule 1, avec 8 points d'avance sur Mark Webber et 15 sur Sebastian Vettel; ils ont pourtant dilapidé ce pactole, et les chances de titre de l'Espagnol, en commettant une incroyable erreur stratégique.

Les pleurs du double champion du monde (2005 et 2006), inconsolable après l'arrivée, en disaient plus long sur l'état d'esprit de la Scuderia que toutes les interviews d'après-course. Tout comme le visage blanc du directeur de l'écurie, Stefano Domenicali.

Car l'Espagnol avait l'occasion de réaliser un exploit : ravir le titre aux pilotes Red Bull, qui disposaient de la monoplace de loin la plus performante du plateau, grâce à son seul talent. Mais Alonso, comme Ferrari, ont failli. Au pire des moments.

Calquant la stratégie d'Alonso sur celle de Webber - quand Vettel s'envolait ! -, la Scuderia s'est trompée. Alonso s'est retrouvé coincé quarante tours derrière la Renault de Vitaly Petrov, sans parvenir à le doubler. Sa 7e place finale lui coûte le Championnat.

"C'était une décision difficile. Il fallait la prendre dans l'instant", a justifié Alonso. Il est toutefois "inutile de chercher des coupables. Nous formons une équipe. Nous gagnons et perdons ensemble", a-t-il poursuivi lundi sur le site internet de la Scuderia.

Et d'ajouter : "un titre qui s'envole pour 4 points après 19 courses peut se perdre à n'importe quel autre moment du Championnat, pas seulement au final". Après une mauvaise nuit, Fernando Alonso a réfléchi. Il reste sur la même tendance que dimanche.

"Cette saison, nous avons perdu certaines courses à des moments importants. Mais nous en avons aussi gagné de manière très chanceuse. Cela nous a peut-être coûté 20-25 points. Contre 100 à Red Bull. Nous ne devons pas nous plaindre", avait-il reconnu, beau joueur.

Son patron Stefano Domenicali confie de son côté "un mal de ventre" et "beaucoup d'aigreur", "celle de la défaite sportive advenue en piste, dans des conditions particulières.

Mais l'Italien a appelé ses troupes à garder la "tête haute". "On a fait une saison sur laquelle personne n'aurait jamais parié en début d'année, et surtout à la mi-saison. Nous devons en être conscients", a affirmé le directeur de la Scuderia.

De fait, après son annus horribilis de 2009, ponctuée par une seule victoire - par le prédécesseur d'Alonso, le Finlandais Kimi Räikkönen - et l'effroyable crash du Brésilien Felipe Massa, Ferrari semblait a priori incapable de se battre pour le titre.

Mais la victoire de l'Espagnol au GP inaugural de Bahreïn et un sprint exceptionnel en fin d'année ont permis à la Scuderia de croire jusqu'au bout en ses chances. La chute n'en est que plus dure.

"Ce qu'il ne faut pas faire, c'est s'en remettre aux faux prophètes, qui vont dire qu'il avaient prédit notre défaite, et que nous sommes un groupe d'incompétents. Mais, en interne, nous devons travailler sur les secteurs à renforcer", a lancé Stefano Domenicali.

"Cette année, nous avons débuté un important changement en interne de notre organisation. Certaines personnes sont arrivées chez nous. Leur venue aura un impact l'an prochain. L'important, c'est d'être compétitifs dès le départ", a lancé l'Italien. A la manière de Red Bull cette saison.