Guillaume Yango, baroudeur ambitieux devenu remplaçant assumé

B.V.

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L'intérieur du Paris Levallois, Guillaume Yango
L'intérieur du Paris Levallois, Guillaume Yango — S.ORTOLA/20minutes

«On me le rappelle à chaque interview». Pas vraiment lassé de l’entendre, Guillaume Yango, 28 ans, a fait partie de la génération dorée du Basket Français. Celle des Parker, Diaw, Turiaf, champions d’Europe espoirs en 2000 en Croatie, qui a accouché des plus grandes stars française de ce sport. Une «aventure inoubliable» pour celui qui fait désormais partie de la rotation à l’intérieur du Paris Levallois, emballant deuxième de Pro A.   

Car le natif d’Aubervilliers n’a pas connu le destin doré de ses coéquipiers de l’époque. Du centre de formation de Dijon, Yango part plein d’ambition aux Etats-Unis à 19 ans pour parfaire sa formation avec son pote Yakhouba Diawara (4 années en NBA par la suite). Il réalise alors les «plus belles années de sa carrière» avec l’université de Pacific (Californie), avant d’échouer à la Draft NBA. «J’ai pas très bien joué dans un camp d’entraînement précédent la sélection», se souvient-il, n’expliquant pas vraiment pourquoi lui a raté ce que ses collègues ont réussi. «Je suis un peu petit (2,04m) par rapport à un Turiaf (2,08m) par exemple, bredouille-t-il. Il y en a qui ont eu plus de chance que d’autres… Et puis j’ai connu pas mal de blessures au dos.»

Boucler la boucle

Après quatre ans d’exil forcé et d’expériences mitigées en Italie, Yango le baroudeur décide l’an passé de revenir en France au Mans avant cette saison de boucler la boucle cette saison, au Paris-Levallois. Un choix «sportif et familial» pour ce père de deux garçons, qui a retrouvé le confort de se sentir «chez soi» au détriment d’un certain temps de jeu. Guillaume l’ambitieux est devenu Yango le pragmatique, conscient de ce qu’on attend de lui et de son rôle dans l’équipe. «Je suis le remplaçant de Lamont Hamilton, j’essaye d’apporter de l’énergie, de l’intensité quand je rentre, explique-t-il. Mon objectif est de grappiller quelques minutes de jeu (11 minutes par match pour 3,5 points en moyenne), de faire le maximum avec ce que j’ai…»

Ce job, Guillaume Yango a fini par l’accepter, à s’y «habituer». «C’est sûr que c’est un peu frustrant de ne pas jouer beaucoup, poursuit-il. Mais je sais que si je veux jouer en France, je serai remplaçant.» Quitte à finir sa carrière ici? «Pourquoi pas, conclut-il. Mentalement, je préfère être ici, avec mes proches et mes amis.» Foi de grand voyageur.