LA NOUVELLE MERVEILLE olympienne

ROMAIN CANUTI

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André Ayew (ici à la lutte avec Aurier) aura tout tenté contre Lens.
André Ayew (ici à la lutte avec Aurier) aura tout tenté contre Lens. — K. VILLALONGA / SIPA

« On connaît les qualités de Loïc et Dédé, ce sont deux grands joueurs de Ligue 1. A Marseille, c'est difficile de s'imposer et de jouer son jeu. Il y a une attente énorme du public mais je ne me fais pas de soucis pour eux. » Lorsqu'il s'exprime sur les difficultés de ses coéquipiers à la fin du match nul concédé contre Lens, on donnerait facilement la trentaine à André Ayew, moustache et front plissé. Cela a le don de faire sourire le produit du centre de formation. Parce qu'il a encore vingt ans. Et parce que lui, contrairement à ses prestigieux camarades, a déjà été adopté par le Vélodrome.

Le seul dangereux face à Lens
Ce qui force le plus l'admiration chez ce jeune joueur, outre sa double accélération et sa volonté de toujours aller vers l'avant, c'est sa faculté à ne pas se plaindre de son manque de reconnaissance. Seul pensionnaire de Ligue 1 à être nommé pour le Ballon d'Or africain au côté de Drogba et d'Eto'o, fer de lance d'un Ghana quart de finaliste au dernier mondial, il n'est toujours pas perçu comme une star du championnat. Lorsque les caméras se tournent vers lui, c'est toujours pour faire le lien avec son glorieux paternel. Pourtant, dans le jeu, il n'a plus rien à voir avec cet attaquant timoré que l'OM avait prêté à Lorient en 2008. Ayew joue désormais au milieu où son abattage impressionne.
Il aurait pu se satisfaire d'être le grand bénéficiaire du couloir gauche laissé vacant par Niang et Ben Arfa. Mais le Ghanéen veut plus. Il veut jouer plus bas, plus dans l'axe. Contre Lens, l'OM a été dangereux uniquement lorsque son numéro 20 a combiné avec les ailiers ou décroché de puissantes frappes croisées. Conscient de son utilité, Deschamps a préféré sortir Rémy, Valbuena et Gignac. Il ne faut pas croire que le jeune joueur se sent installé pour autant : « J'ai pas mal joué depuis le début de saison mais j'ai loupé les plus gros matchs, contre Chelsea et contre Paris. Ca fait partie du jeu ». Quand l'OM a gagné, par contre, il était là. Certainement pas une coïncidence.

Un match NUL qui fait désordre

L'OM n'a pas saisi l'occasion de se racheter devant ses supporters après la défaite contre Paris. Pour Edouard Cissé, il n'a pas lieu de s'inquiéter : « On n'est pas loin, on a des occasions. » Pour son entraîneur cependant, il faut que certains se remettent en question : « On n'a pas suffisamment maîtrisé notre sujet pour dire on méritait la victoire. Ce n'est pas suffisant par rapport à ce qu'on est capable de faire. »