Escrime: déroute française au sabre pour le premier jour des Mondiaux

© 2010 AFP

— 

L'équipe de France a connu samedi une déroute au sabre aux Championnats du monde à Paris où, en deux tours, les quatre messieurs ont été éliminés, tandis que chez les dames, Carole Vergne a sauvé quelque peu les meubles avec un quart de finale.
L'équipe de France a connu samedi une déroute au sabre aux Championnats du monde à Paris où, en deux tours, les quatre messieurs ont été éliminés, tandis que chez les dames, Carole Vergne a sauvé quelque peu les meubles avec un quart de finale. — Bertrand Langlois AFP

Les Championnats du monde d'escrime ont pris une allure grandiose samedi pour le premier jour sous la verrière du Grand Palais, mais la bataille pour les podiums s'est faite sans les Français qui ont connu une déroute au sabre que le quart de finale de Carole Vergne n'a pas suffi à occulter.

Au terme du premier tour, cinq sur huit étaient déjà repartis au vestiaire et à midi, le clan français n'avait plus que Carole Vergne comme représentante en piste.

Un obstacle de taille attendait la médaillée de bronze 2009 en quarts, Mariel Zagunis, la même Américaine qui l'avait déjà battue en demi-finales l'an dernier à Antalya (Turquie). En route pour son deuxième titre mondial consécutif, la double championne olympique n'a pas mis très longtemps à tuer le suspense (15-8).

"Je suis déçue car je voulais donner le maximum de moi-même sur chaque match. Et pour moi, je n'ai pas assez joué", a estimé Carole Vergne. "Face à une tireuse de cette expérience, il a manqué cette grosse étincelle", a estimé l'entraîneur du sabre féminin, Cyril Tahon. "C'est une journée difficile à partir du moment où l'on ne remplit pas les objectifs qu'on s'était fixés. Cela a commencé dur avec l'élimination de Léonore Perrus et de Solenne Mary qui auraient pu souhaiter un meilleur sort, puis après Cecilia Berder qui perd" au tour suivant.

La journée a surtout été rude pour l'équipe masculine. En deux tours, tout était fini pour les quatre garçons, qui au vu de leur palmarès pouvaient prétendre chacun à autre chose.

"Je prends cela comme un échec. Nous sommes passés à travers complètement, cela aurait pu sourir parce que deux matches se perdent à 15-14, mais nous n'avons pas réussi à mettre la dernière touche", a commenté leur entraîneur Jean-Philippe Daurelle, qui a mis du temps à digérer.

Julien Pillet n'était pas dans son assiette. Boris Sanson s'est laissé remonter au score. Et Boladé Apithy, médaillé de bronze aux Championnats d'Europe en juillet, est tombé pour une touche face à l'Américain Daryl Homer, qui fit trébucher de la même façon Nicolas Lopez au tour suivant.

"Oui, c'est un échec pour nous (les sabreurs) car l'objectif était d'en mettre au moins un sur le podium. Nous en avons vraiment les capacités, cela je n'en doute pas. Maintenant, par rapport aux deux dernières saisons, ce n'est peut-être pas forcément un échec, nous sommes peut-être à notre niveau actuel", a estimé Lopez, qui depuis sa médaille d'argent à Pékin n'est pas remonté sur une podium en solo en championnat.

"Qu'ils soient à leur place ? Non, moi quand je suis arrivé ce matin, je considérais qu'ils pouvaient faire bien mieux que cela, parce que là ce n'est quand même pas terrible", a jugé leur entraîneur, qui entend "tirer le bilan de cette semaine mardi soir", jour de l'épreuve par équipes.

"Vu la journée qu'on vient de faire, il n'y aura pas de problème de remobilisation pour mardi. On aura les dents qui rayent le parquet", a affirmé Lopez.

Le Sud-Coréen Won Woo Young a été le héros du jour. En dominant en finale le champion du monde 2009 allemand Nicolas Limbach, il a écrit doublement l'histoire de l'escrime: il apporte un premier titre au sabre pour son pays, mais est aussi le premier non Européen à conquérir l'or mondial chez les messieurs.