Mondiaux d'escrime: les handisports dans les mêmes conditions que les valides

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Les escrimeurs handicapés bénéficient des mêmes conditions que les valides pour se faire reconnaître lors des Mondiaux qui débutent samedi au Grand Palais à Paris, même si cette mixité peut susciter de légitimes interrogations, notamment sur l'intérêt des spectateurs et des médias.
Les escrimeurs handicapés bénéficient des mêmes conditions que les valides pour se faire reconnaître lors des Mondiaux qui débutent samedi au Grand Palais à Paris, même si cette mixité peut susciter de légitimes interrogations, notamment sur l'intérêt des spectateurs et des médias. — Peter Parks AFP/Archives

Les escrimeurs handicapés bénéficient des mêmes conditions que les valides pour se faire reconnaître lors des Mondiaux qui débutent samedi au Grand Palais à Paris, même si cette mixité peut susciter de légitimes interrogations, notamment sur l'intérêt des spectateurs et des médias.

Il suffit de comparer les chiffres pour mesurer le gouffre qui sépare ces deux catégories de sportifs en terme d'engouement. En 2008, France Télévisions avait offert 40 minutes d'antenne quotidienne aux Paralympiques de Pékin, couverts par 5600 journalistes, contre une bonne dizaine d'heures aux JO auxquels assistaient plus de 25.000 représentants des médias.

Mais les Mondiaux d'escrime sont le laboratoire idéal pour expérimenter l'intégration.

"C'est intéressant de tenter l'expérience sur une compétition qui n'est, a priori, pas génératrice d'une audience extraordinaire" note Daniel Bilalian, directeur des sports de France Télévisions qui consacrera à l'événement plus de 16 heures 30 de direct en "access prime time", la tranche horaire précédant le journal télévisé.

"Si nous avons des craintes en terme d'audience", notamment au regard des 700.000 euros de coûts de production investis par la chaîne (ndlr), "c'est lié à l'escrime et non au handisport", poursuit-il.

Et pourtant, on s'y perd dans ces compétitions aux multiples catégories où l'on distribue plusieurs titres au sabre ou au fleuret en fonction des handicaps: trétraplégique, paraplégique, etc...

Loin d'adhérer au discours intégrateur et bien pensant de certains qui, à l'image de la ministre de la santé et des sports Roselyne Bachelot, disent rêver de voir "Jeux Olympiques et Paralympiques se disputer ensemble", le président de la fédération française handisport prépare avec sérieux ce rendez-vous qui doit selon lui rester un exemple à ne pas forcément suivre.

"S'il vous plait, que l'on arrête de focaliser sur ces Championnats du monde!", lâche Gérard Masson. "Ce n'est pas, contrairement à ce que l'on dit, la première fois que des Mondiaux valides et handisport sont intégrés, cela s'est passé pour l'escrime en 2006 et en ce moment pour l'aviron en Nouvelle-Zélande, mais cela ne peut qu'être ponctuel. Il faut que la discipline et la logistique le permettent. Des JO communs, c'est impensable!"

"Essayons d'abord de valoriser le handisport", demande Gérard Masson, soulignant que l'intérêt médiatique pour les compétitions de ses athlètes ne sera jamais à la hauteur de celui que suscitent les valides et ne veut pas renoncer à sa mission première pour devenir plus attractif.

"Je refuse de mettre dans les sélections des gens qui ont un ongle incarné. Il faut savoir qu'un myopathe lourd qui part en déplacement sportif, c'est 700 kilos de bagages", dit-il. Avant de louer les dirigeants de la fédération française de tennis de table qui, au quotidien, chaperonnent les athlètes handisport lors de chaque déplacement. Sans obligation. La véritable intégration?