Franck Cammas a-t-il déjà Route du Rhum gagnée?

VOILE Le skipper n'est pas encore à mi-course mais possède déjà une avance énorme…

B.V.
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Coup de théâtre dans la Route du Rhum: Sidney Gavignet, l'un des "top guns" de la course, a abandonné son trimaran au large des Açores à la suite d'une avarie majeure et été récupéré sain et sauf mercredi soir par un cargo, tandis que dans le sud Franck Cammas accentuait son avance en tête.
Coup de théâtre dans la Route du Rhum: Sidney Gavignet, l'un des "top guns" de la course, a abandonné son trimaran au large des Açores à la suite d'une avarie majeure et été récupéré sain et sauf mercredi soir par un cargo, tandis que dans le sud Franck Cammas accentuait son avance en tête. — Damien Meyer AFP/Archives

Depuis la deuxième nuit de course, chaque pointage raconte la  même histoire: Franck Cammas va plus vite que tout le monde. Sur son Groupama 3,  l’Aixois possède un rythme hallucinant grâce à son option sud et continue  d’augmenter son avance sur ses poursuivants, Francis Joyon et Thomas Coville.  Alors qu’il n’est pas encore à mi-course, puisqu’il lui reste 1.800 milles à parcourir sur les 3.500 de départ, il possède déjà près de 350 milles  sur son dauphin et un «routage incroyablement favorable», selon Jean Maurel,  directeur de la course. 

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Autant dire une avance irrémédiable? «C’est encore trop tôt  pour le dire, nuance Jean-Yves Bernot, grand «sorcier» de la météo et routeur de  plusieurs skippers. Il est certes bien situé au niveau météo et ses poursuivants  ont des situations plus complexes. Mais avec ces gros bateaux-là ca peut changer  très vite, il suffit d’une petite avarie ou qu’il reste planté dans du petit  temps pendant une dizaine d’heure pour voir son avance fondre de moitié.»

La route du record

Franck Cammas lui-même  reconnaissait mercredi que la puissance de son bateau, sans doute le plus rapide  de la flotte, pouvait aussi lui causer des problèmes. «Groupama 3 est un  multicoque dangereux, il faut être aguets, explique-t-il. Je pense que Thomas  (Coville, qui a choisi l’option nord) va récupérer son retard. C’est toujours  agréable d’avoir de l’avance mais elle n’est qu’éphémère.» Une modestie de  façade? Pas sûr. Car selon Francis Joyon, «la météo va être capricieuse vers  l’arrivée en Guadeloupe, espère le dauphin de  Franck Cammas. On peut imaginer un scénario amusant où toute la flotte se  rejoindrait à l’approche de la Guadeloupe pour un grand sprint final!».

«C’est possible, confirme Bernot. La météo va être  compliquée vers la fin. Il est possible que la porte se forme devant lui et  qu’ils se retrouvent tous ensemble si son timing n’est pas parfait, comme il  l’est depuis le début.» En revanche, si tout continue de fonctionner comme  Cammas le souhaite, le record de Lionel Lemonchois (7 jours, 17 heures et 19  minutes), datant de 2006, pourrait tomber. «Il a recoupé la route de Lemonchois  sur les temps du record, explique Jean Maurel. C’est jouable.»