Etats généraux, le faux renouveau?

FOOT Pendant deux jours, les représentants du foot français se réunissent à l'Insep pour entamer une rénovation du système actuel...

Romain Scotto

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Le président de la fédération française de football, Fernand Duchaussoy, le 23 juillet 2010.
Le président de la fédération française de football, Fernand Duchaussoy, le 23 juillet 2010. — B.Langlois/AFP

Au premier abord, le lien n’est pas évident. Pour un piquet de grève planté en pleine Coupe du monde, le foot français est prié d’entamer sa révolution. Pas seulement l’équipe de France et son encadrement. Mais le football dans son ensemble, professionnelle ou amateur. Quatre mois après le désastre de Knysna débute donc un vaste «projet de rénovation», selon les mots de Nicolas Sarkozy, qui, comme Louis XVI, avait décrété l'été dernier la convocation d’états généraux.

La gouvernance de la fédération en question

Jeudi matin, les représentants du foot français se réuniront à l’Insep, pour deux journées de séances plénières et ateliers de travail. En amont, un comité de pilotage a été désigné pour définir un cadre de travail englobant pêle-mêle toutes les problématiques du ballon rond. Modernisation des structures, compétitivité économique des clubs, solidarité, formation, arbitrage... En 48 heures de débat, cela fait beaucoup.

A travers ce rassemblement, Fernand Duchaussoy voit au moins l’occasion de réunir autour d’une table professionnels et amateurs. Entre les deux familles, la priorité est de régler le problème de gouvernance de la fédération. Une institution de 260 salariés au budget de 200 millions d’euros, sérieusement malmenée depuis l'épisode du bus. «On doit s’orienter vers un exécutif beaucoup plus resserré et plus responsable», précise le président intérimaire, pas vraiment perturbé par les critiques.

L’incompréhension de Platini

Sans parler d’une opération de com’, Laurent Blanc ou Michel Platini ont publiquement remis en cause l’utilité de ces états généraux. «J’attends de voir, explique le sélectionneur des Bleus. Le problème, c'est qu'on a tout mélangé et tout confondu après la Coupe du monde. (…) Les résultats du foot français ces dernières années ne sont pas si catastrophiques que ça. Il y a des gens qui voudraient faire la révolution. Mais qu'est-ce qu'ils proposent?»

Son scepticisme rejoint celui de Michel Platini, président de l’UEFA, qui ne se sent pas du tout concerné par ce «Grenelle» du football. «Je ne sais pas s’il faut faire des états généraux pour ça, confiait-il à L’Equipe. Je ne me sens pas responsable de cet ambitieux programme de réformes. La fédération marchait bien et puis, tout d’un coup, pour un épisode fâcheux, il faudrait tout changer.» Ou tenter de croire que ce sera le cas un jour.