Fabio Coentrao, le Cristiano Ronaldo devenu défenseur

FOOT En une saison, cet ancien meneur de jeu est devenu l'un des meilleurs arrières gauche au monde...

Alexandre Pedro

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Fabio Coentrao au premier plan, le 29 septembre à Gelsenkirchen.
Fabio Coentrao au premier plan, le 29 septembre à Gelsenkirchen. — P.Stollarz / AFP

Pour avancer, Fabio Coentrao a dû reculer. Le Portugais s’est longtemps rêvé Cristiano Ronaldo («une idole et un modèle») mais s’est révélé aux yeux de la planète comme latéral gauche lors de la dernière Coupe du monde. Technique superlative et centres chirurgicaux, Coentrao, 22 ans, est désormais le défenseur qui vaut 30 millions d’euros, montant de la clause libératoire fixée par Benfica. Pas gêné par la fausse modestie, l’intéressé valide: «Pendant la Coupe du monde,  je pense avoir prouvé que je valais cette somme». Les Lyonnais ont l’occasion de juger sur pièce mercredi avec la réception de Benfica en Ligue des champions.

>> Lyon - Benfica est à suivre comme-à-la-maison en live mercredi dès 20h45

Un an plus tôt, Fabio Coentrao la ramène moins pourtant. Arrivé à Benfica en 2007, le petit prodige de Rio Ave est trimbalé de prêt en prêt. Nacional Madère, Saragosse en Espagne et Rio Ave, Benfica ne sait pas trop quoi faire ce meneur de jeu ou ailier gauche plus beau à voir jouer qu’efficace. Arrive Jesus. Jorge Jesus. Eté 2009, le nouvel entraîneur des Lisboètes décide de convertir Coentrao en latéral gauche. Et Jesus trouve les mots pour le convaincre d’enfiler le bleu de chauffe: «Tu vas devenir l’un des meilleurs latéraux au monde», lui promet-il.

Bientôt au Real?

Très vite, la prophétie se réalise. Seul Portugais titulaire dans une équipe à forte connotation sud-américaine, Coentrao explose et s’ouvre les portes de l’équipe nationale. Cela tombe bien, le Portugal est aussi riche en latéral gauche qu’en pétrole. Le sélectionneur de l’époque, Carlos Queiroz, l’essaye et l’adopte dans la foulée. Coentrao gagne un voyage pour l’Afrique du Sud et sa Coupe du monde où il donne l’impression d’occuper ce poste depuis toujours.

Courtisé depuis par tous les grands d’Europe, le blondinet reste fidèle pour l’instant à Benfica, moyennant un salaire multiplié par deux quand même. «Benfica est plus qu’un club, c’est une religion», jure-t-il la main sans être pour autant insensible aux avances du Real d’un José Mourinho intéressé par son profil. Fabio Coentrao l’a déjà prouvé dans un passé très récent: il sait très vite s’adapter.