Allen Iverson, de la NBA à la Turquie, parcours d'un génie tourmenté

BASKET La star américaine devrait s'engager dans les prochains jours avec Besiktas...

Alexandre Pedro

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Allen Iverson, transféré aux Detroit Pistons
Allen Iverson, transféré aux Detroit Pistons — Rebecca Cook / Reuters

A ses débuts en NBA, son équipementier l’a vendu comme «The Answer». Un surnom qui claque et vous cale un personnage. Allen Iverson doit alors être «la réponse» à la question qui tourmente le basket américain: «Qui sera le successeur de Michael Jordan?» Quatorze ans plus tard, la question est de savoir si Allen Iverson va signer avec Besiktas.

La NBA ne veut plus de lui

Lundi, son manager Gary Moore, a confirmé l’existence de négociations avancées avec le club turc. «Istanbul est une très belle ville, d'après ce qu'on nous a dit. Ce n'est pas si loin des Etats-Unis», lâche Gary Moore, sans doute plus à l’aise avec les chiffres qu’en géographie. La découverte du Bosphore et de la Basilique Sainte-Sophie pourrait s’accompagner d’un salaire annuel de deux millions de dollars.

En dehors de ce complément retraite, qu’est-ce qui pousse l’une plus grande stars du basket américain – même sur le déclin – à traverser l’Atlantique ? A 35 ans, Iverson (qui a rompu son contrat avec Philadelphie en mars dernier pour s’occuper de sa fille cadette gravement malade) n’est pas has been, juste moins indispensable. Or, «il ne se conçoit que comme la première option offensive de son équipe», observe Jacques Monclar. Fan énamouré du joueur, l’ancien entraîneur d’Antibes et de Paris craint que la carrière américaine d’Iverson se conjugue au passé. «Les portes de la NBA sont fermées pour lui, la plupart des franchises – si ce n’est toutes – n’ont aucune envie de construire leur équipe autour de lui.»

«Il est space»

Pour tous ses entraîneurs, gérer Allen Iverson a toujours fait l’effet d’un tube de nitroglycérine prêt à vous sauter au visage. Capable de tourner à plus de 30 points en moyenne par match lors de ses plus belles saisons avec Philadelphie, cet arrière de poche (1,83m) traîne une réputation de caractériel ingérable pas toujours usurpé. Jacques Monclar dresse le portrait d’un homme blessé. «J’ai beaucoup d’affection pour lui mais il est space. Il donne l’impression d’être un chien sans collier».

Vu le pedigree du personnage, sa motivation pour rejoindre Besiktas peut paraitre suspecte. Surtout quand on sait qu’Iverson a déjà demandé à négocier – à la baisse – ses amendes en cas de retards à l’entraînement. Reste qu’à l’échelle du basket européen, l’arrivée d’un des six joueurs de l’histoire de la NBA à plus de 20.000 points en carrière, tient de l’événement. «Malgré tous ses problèmes, Allen Iverson est un génie. Un pur génie», enfonce Jacques Monclar. Et on ne dit pas non à un génie. Même en retard.