grégory Pujol, l'homme qui sent le football

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Le déplacement, un art maîtrisé à la perfection par Grégory Pujol (à gauche).
Le déplacement, un art maîtrisé à la perfection par Grégory Pujol (à gauche). — m. libert / 20 minutes

régory Pujol est un anachronisme. Dans une Ligue 1 tout en muscles et en vitesse, il joue la carte de l'intelligence et de la technique. Il a 30 ans, n'a jamais marqué plus de sept buts par saison à Valenciennes, où ce Jurassien a posé ses valises en 2007. Mais il respire le foot, le comprend plus vite que la moyenne, tout en gardant des ambitions modestes : jouer, se faire plaisir, et avec des potes, si possible. « C'est certain que si Lyon t'appelle, tu réfléchis. Mais je préfère jouer 400 matchs dans un club moyen que 50 dans un gros », promet le n° 28 hennuyer. C'est sa force et sa faiblesse, lui qui a déjà 250 parties de Ligue 1 dans les chaussettes.
régory Pujol a été programmé à Nantes, s'est testé à Anderlecht, s'est relancé à Sedan, et s'épanouit aujourd'hui à Valenciennes. Un parcours pas forcément à la hauteur de son potentiel. « C'est un joueur très intelligent. Il est généreux, parfois trop. Il donne tellement à l'équipe que ça peut nuire à son rendement », explique David Ducourtioux, son grand pote dans le vestiaire du VAFC.
« S'il est sous-coté ? Par les médias et le grand public peut être. Par les entraîneurs à mon avis pas du tout », remarque Guy Hillion, l'homme qui est allé le chercher au fond du Jura pour l'emmener à la Jonelière. « J'aurais peut-être pu faire mieux. Mais ça ne vient pas que de moi. Un gros club ? Anderlecht en Belgique, c'est comme le PSg ou l'OM ici. J'en ai pris plein la gueule, mais sur la fin, ça s'est très bien passé », remarque Grégory Pujol. Aujourd'hui à la manière d'un Pagis, il compense par sa science du jeu, et surtout par son don pour les déplacements quasiment unique en France. « La qualité se montre aussi dans la longévité. Si je devais arrêter aujourd'hui, je serais malheureux. Et plus ça va durer, plus je serai heureux », sourit l'attaquant. Au Mont-Houy, tous les gamins ont intérêt à venir le regarder jouer. « Chaque joueur qui évolue avec lui a intérêt à en prendre un petit morceau », conclut Guy Hillion.A. M.