Rudy Carlier ne baisse pas la garde

FOOT Ancien attaquant de l'équipe de France Espoir, l'ex-strasbourgeois ronge son frein sur le banc de Créteil, en National...

Romain Scotto

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L'attaquant de Créteil, Rudy Carlier, avant un entraînement en septembre 2010.
L'attaquant de Créteil, Rudy Carlier, avant un entraînement en septembre 2010. — A.Gelebart/20minutes

C’est écrit quelque part sur son corps, sur l’un de ses sept tatouages. «Carpe diem, vis au jour le jour et on verra ce qui se passera demain.» Même mal luné, Rudy Carlier n’est pas du genre à se lamenter. Mercredi soir, face à Rouen, l’attaquant de Créteil s’apprête une fois de plus à s’asseoir sur le banc. Barré par Marques et Lesage, les deux titulaires du poste. Arrivé cet été dans le Val-de-Marne, l’ancien buteur de Strasbourg et de l’équipe de France Espoirs n’a toujours pas marqué, en six apparitions sous le maillot cristolien. Et cela le mine. Mais il en faut un peu plus à cet amateur de boxe, présent sur les rings jusqu’à ses 13 ans, pour baisser sa garde.
 
«Ce que je conserve de mes années de boxe, c’est que tant que le dernier coup de gong n’a pas sonné, rien n’est fini. Quand je traverse une période comme celle-là, où il n’y a pas de but, je garde la tête froide. Je sais qu’il va y avoir l’ouverture. Je ne doute de rien, je ne lâche rien.» Ses premiers coups, le joueur de 24 ans les a donc donnés avec des gants, à Saint-Quentin, dans l’Aisne. A l’époque, ses copains se nomment Cyril et Jérôme Thomas, champion d'Europe et double médaillé aux JO.
 
Pas assez égoïste

Dans les moments de doute, c’est vers eux que l’attaquant se tourne. «A leur contact, j’apprends beaucoup. Mentalement, la boxe est l’un des sports les plus compliqués. Quand je ne vais pas bien, ils trouvent les mots justes.» Quand il leur rend visite, il lui arrive même de renfiler les gants de temps en temps. «C’est une passion. Certains collectionnent les timbres, moi j’aime la boxe.» A Créteil, même le staff connaît la passion cachée du garçon (avec les bulldogs). Rui Pataca, l’entraîneur adjoint et ancien attaquant des Béliers, se souvient d’une récente discussion: «Cela m'avait marqué, c'est vrai. Et je sais qu’il ne va pas lâcher. Pour l’instant, c’est un attaquant trop collectif. Il faut qu’il pense plus à lui. Là, il lui manque encore un petit quelque chose.» Un refrain que Carlier a déjà entendu par le passé.
 
Avec le recul, il avoue quelques couacs, quand il compare sa trajectoire à celle de ses anciens partenaires à Strasbourg, Niang ou Gameiro. La sienne était pourtant linéaire jusqu’à ses vingt-et-un ans. Sélectionné dans toutes les sélections de jeunes jusqu’aux Espoirs, il a cru se faire un nom en L1 en alignant les matchs et un petit but, au Vélodrome. La suite se résume à une série de prêts malheureux, à Gueugnon, Clermont, puis en D2 espagnole. «J’ai peut-être rencontré des personnes qui ne me correspondaient pas, analyse le joueur, les yeux rivés sur la pelouse du stade Duvauchelle, avant un entraînement. Une carrière, ça tient à ça. On ne m’a pas fait confiance à des moments clés. Mais je ne vais pas m'arrêter à ça...» Il en faudra plus pour le mettre KO.