Pourquoi les Verts ne sont pas en verve contre Lyon?

Alexandre Pedro

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Le milieu de terrain Jérémy Toulalan (en blanc), lors du match Saint-Etienne - Lyon, le 31 octobre 2009.
Le milieu de terrain Jérémy Toulalan (en blanc), lors du match Saint-Etienne - Lyon, le 31 octobre 2009. — R.Pratta/REUTERS

6 avril 1994,  Edouard Balladur est Premier ministre, des millions d’adolescents pleurent encore le suicide la veille de Kurt Cobain et l’AS Saint-Etienne étrille 3-0 le Lyon d’un Jean-Michel Aulas déjà ambitieux mais alors sans palmarès. Depuis, Saint-Etienne l’ouvrière attend toujours une nouvelle victoire dans le derby contre Lyon la bourgeoise. Samedi, Christophe Galtier et ses joueurs débarquent à Gerland en leader où ils peuvent enfoncer leur voisin dans la crise et, surtout, mettre fin à seize ans de frustration.

Attention aux voitures
 

Dans une ville qui respire le foot par tous les pores, cette série passe forcément très mal. «C’est le derby en France sans discussion possible», coupe Elie Baup. Le technicien à la casquette, qui a passé sept ans sur le banc stéphanois (comme adjoint ou entraîneur principal), plante le décor. «Ce match va au-delà du foot, cette rivalité, on la ressent au quotidien. D’ailleurs, quand ils viennent à Geoffroy-Guichard, les supporters lyonnais évitent de prendre leur voiture immatriculée 69. Ils préfèrent en prendre une de location.»
 
Lionel Potillon connaît trop bien aussi ces années de défaites face aux Gones. Pour l’ancien défenseur stéphanois, il ne faut pas chercher bien loin les raisons du mal: «Il y a des cycles dans le foot, depuis une dizaine d’années, on est dans un cycle fort pour Lyon et beaucoup moins pour nous. Dans les années 1970, Saint-Etienne battaient l’OL neuf fois sur dix.»
 
«On n’a que ce que l’on mérite»
 
A cette implacable domination sportive s’ajoutent quelques coups du sort. «Parfois, le sort du match a tenu rien, rappelle Baup. Je me souviens d’un penalty contre nous à la dernière minute. Il y a aussi eu ce match qu’on perd 4-3 alors que Lilian Compan égalise à 3-3 en se fracturant la jambe sur l’action.» Malédiction? Lionel Potillon préfère plaider coupable: «On n’a que ce que l’on mérite, si on ne les bat depuis seize ans, c’est peut-être qu’on ne le mérite pas.»

Pour samedi, tous les voyants sont au vert du côté stéphanois alors que l’OL, triste 17e, traverse une période de turbulence inédite. Mais pas de quoi inverser les rôles prévient Jérémie Janot. «Le favori, c'est Lyon. Ce sont eux qui disputent la Ligue des champions et qui font des recrutements à 24 millions d'euros, pas nous.» Comme une façon de rappeler ce qui sépare Saint-Etienne de son voisin.