Quand les supporters du PSG se retrouvent autour du PFC

FOOT Ecoeurés du PSG, une quarantaine d'anciens abonnés du virage Auteuil supportent le Paris FC en National...

Romain Scotto

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Les supporters du Paris FC, lors d'un match de National contre Strasbourg au stade Charléty à Paris, le 14 septembre 2010.
Les supporters du Paris FC, lors d'un match de National contre Strasbourg au stade Charléty à Paris, le 14 septembre 2010. — A.Gelebart/20minutes

Les slogans sont identiques. «Ici c’est Paris!», «Ecoutez chanter les Parisiens!». Et même un «Marseille, on t’encule», pour la route. Dans son mégaphone, Bastien* hurle à peu près les mêmes chants que ceux de la saison passée. A l’époque, celui qui arbore toujours le tatouage de l’écusson du PSG sur l’épaule, s’agitait dans les travées du Parc des Princes. Un stade qui n’a pas grand-chose à voir avec le morceau de tribune qu’il occupe désormais à Charlety, l’antre du Paris FC (3e de National).

Depuis le mois d’août, une quarantaine d’anciens abonnés d’Auteuil a migré un peu plus au sud de Paris, pour soutenir l’autre équipe de la capitale. Lassés, écœurés, par les débordements observés dans les travées du PSG, ils ont créé leur propre groupe ultra. L’un des seuls du championnat de National. «On est là par amour de Paris, explique Fabien, le leader de la bande. On est dégoutés de ce qu’on a vu au PSG. C’est pour ça qu’on vient ici. Au PFC, ça ne joue pas moins bien, et il y a tout à construire.»

«Ecrire une histoire avec eux»

Au début de l’été, la bande a pourtant frappé à plusieurs portes pour trouver un nouvelle équipe à supporter. «On est allé voir le Red Star, l’UJ Alfortville, Créteil, Noisy. Mais il y avait déjà du monde. Et on a privilégié l’aspect Paris. On reste attachés à notre ville», enchaîne l'un des membre fondateur du «Old clan». «On a choisi ce nom parce qu’on est des vieux. Pour la plupart on était abonnés au Parc depuis 1986. On a fait les 400 coups ensemble.» Même les plus mauvais. Dans le groupe, beaucoup ont été interdits de stade par le passé. «Mais on n’a plus 18 ans. On a des familles et la violence, ça ne nous intéresse pas.»

Ce qu’ils rejettent? Les bagarres «et les joueurs qui touchent 300.000 euros par mois et qui te prennent pour  un con. Au moins, à chaque fin de match du Paris FC on discute avec les mecs. Ils sont réceptifs.» Les dirigeants aussi semblent apprécier l’arrivée de ces nouveaux abonnés. «Ils ont une vraie envie de supporter le club et leur comportement est exemplaire, note Fabrice Herrault, le directeur général du club. C’est avec eux qu’on a envie d’écrire une histoire.»

Le mérite de Leproux

Malgré leur rancœur, les anciens du Parc suivent toujours l’actualité du PSG, version «Germain le Lynx». Le groupe reconnaît même un grand mérite à Robin Leproux, le nettoyeur des tribunes. Mais il ne croit pas vraiment en sa politique. «Le calme, ça ne durera pas. C’est une fausse image, note Fabien. Ça va revenir petit à petit. C’est comme ça... Les perturbateurs vont reprendre le pouvoir.» Au moins lui ne sera pas là pour le voir. Seul l'avenir de sa nouvelle équipe en National le tracasse. Et avant d'imaginer un derby à Charléty, face au PSG, c’est bien la venue de Guingamp qu'il faut préparer.

* Tous les prénoms ont été modifiés