Yvan Mainini: «En France, on préfère des Américains de troisième zone plutôt que de faire confiance aux jeunes»

BASKET Le nouveau président de la fédération internationale de basket s'inquiète du niveau des clubs français…

Propos recueillis par B.V.

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Le nouveau président de la FIBA, Yvan Mainini, le 30 juillet 2009
Le nouveau président de la FIBA, Yvan Mainini, le 30 juillet 2009 — A.REAU/SIPA

L’entrée en lice de Villeurbanne, du Mans et de Roanne en tour préliminaire de l’Euroligue marque le début de la saison pour les clubs français après des championnats du monde mi-figue mi-raisin pour les Bleus. Yvan Mainini, ancien président de la Fédération Française, désormais à la tête de la Fédération Internationale, dresse pour 20minutes.fr l’état de santé du basket français.

Quel est actuellement le niveau des clubs Français?
Il suffit de regarder le résultat des coupes européennes (aucun club français dans le top16 de l’Euroligue)... La jeunesse française est répartie sur l’ensemble de la planète. Douze ou treize joueurs sont notamment sous contrat avec des franchises américaines. Les clubs français ne peuvent pas les garder pour des raisons économiques et parce qu’ils sont un peu frileux à les lancer dans le grand bain très jeune. Quelques équipes font travailler et progresser les espoirs, mais dans l’ensemble, en France, on préfère des Américains de troisième zone plutôt que de faire confiance à un jeune. Forcément, le niveau du championnat en pâtit.

Y a-t-il urgence?
Non. Mais il faut faire quelque chose. On a deux possibilités: soit on épouse le modèle du Barça, c'est-à-dire qu’on paye beaucoup les joueurs pour avoir les meilleurs et être toujours présent au sommet. Ou bien on regarde le modèle serbe. Le Partizan Belgrade n’a pas hésité à faire entrer ses meilleurs jeunes (qui sont aujourd’hui en équipe de Serbie) à répétition et a de très bons résultats. Ce sont deux exemples, peut être que la solution pour les clubs français se trouve à mi-chemin entre les deux. Des meilleurs étrangers, mieux payés et en nombre inférieur et des jeunes français mis plus rapidement dans le bain.

Et l’équipe de France, sans de nombreux cadres (Parker, Noah, Beaubois, Turiaf), n’a pas vraiment redressé la barre du basket français.
La performance de la France est conforme à ce qu’elle était capable de faire. Compte tenu des absents, des blessés de dernière minute, un quart de finale aurait été très bien. De plus, il y a du bon dans plusieurs matchs, notamment lors de la victoire contre l’Espagne (65-59). La France a souffert dans le secteur intérieur, où les joueurs, qui ont donné tout ce qu’ils ont pu, ne sont pas suffisamment grands pour aborder les compétitions mondiales de cette nature…

Pour aller au J.O, il faudra que les absents soient là…

Pour le moment la feuille de route n’est pas entachée. Mais on aura besoin de tout le monde à l’Euro (l’an prochain en Lituanie) et au tournoi pré-olympique pour se qualifier, c’est évident. Mais je pense que les joueurs sont conscients de cela. On a l’engagement moral de tout le monde. J’ai la faiblesse de croire que ces gens-là ne sont pas des menteurs.