Le rugbyman Finau Maka jugé pour emploi et traitement indigne d'un sans-papiers

A.P. avec AFP

— 

Le rugbyman Finau Maka a livré hier sa propre version de l'histoire.
Le rugbyman Finau Maka a livré hier sa propre version de l'histoire. — A. Gelebart / 20 minutes

On le connaissait plutôt pour ses charges tonitruantes et sa crinière abondante, Finau Maka fait malheureusement parler de lui dans la chronique faits divers cette semaine. L’ancien troisième-ligne fidjien du Stade Toulousain (aujourd’hui à Aix-en-Provence en Pro D2) est de retour à Toulouse, pas au Stade Ernest-Wallon mais au tribunal. Le rugbyman fidjien est jugé pour avoir fait travailler au noir un clandestin tunisien et l'avoir fait vivre dans des conditions si indignes, selon le sans-papiers qui l'accuse, qu'elles relevaient de l'esclavagisme moderne.

Le joueur doit répondre devant le tribunal correctionnel d'emploi irrégulier d'un étranger sans titre de séjour, de travail dissimulé et d'hébergement dans des conditions indignes. Maka, 33 ans, est soupçonné d'avoir employé clandestinement ce sans-papiers tunisien de 2006 à 2010, d'abord à la rénovation puis à l'entretien de sa maison de Beauzelle, dans la périphérie toulousaine. Finau Maka ne l'aurait jamais payé pour son travail (il aurait envoyé de l'argent à la mère du clandestin en Tunisie) et l'aurait fait dormir dans une cabane de quatre mètres carrés au fond du jardin

Maka: «J'ai traité cet homme en ami»

Dans une interview accordée fin mai au quotidien La Dépêche du Midi, le sans-papiers, Moncef Derbali assure être avoir «été l'esclave de Finau pendant quatre ans», qu’il l’aurait même fait avoir «à même le sol». Finau Maka, placé en garde à vue pendant 24 heures en mai pour être interrogé, conteste «l'intégralité des infractions reprochées».

Le Fidjien reconnaît seulement une relation d'aide mutuelle inspirée par la culture d'hospitalité de son pays d'origine et par les idéaux chrétiens. «J'ai traité cet homme en ami et l'ai aimé comme mon frère», plaidait le joueur en mai dernier. La plainte déposée au début de l'année par l'avocat du sans-papiers visait des faits «d'esclavagisme moderne», qui peuvent correspondre à une qualification criminelle. Mais une telle qualification n'a pas été retenue contre le rugbyman.