Marion Anti et son histoire de famille

David Phelippeau

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Il est bavard. Elle l'est aussi. Il est parfois grognon. Elle avoue qu'elle ronchonne aussi. Marion Anti ne se défile pas quand il s'agit de reconnaître ses défauts et ceux de son père. « De toute façon, on est pareils, insiste la nouvelle joueuse du Nantes atlantique handball (N1). C'est pour cela qu'on est proches… »Thierry et Marion n'ont pas seulement la passion du hand en commun, ils ont aussi un caractère similaire. La jeune ailière de 24 ans égrène les vices, parfois bien cachés : « On boude tous les deux. Quand on est énervés, et que quelque chose ne nous plaît pas, ça se voit, on s'ignore. On se vexe vite aussi. Moi, si je m'entraîne mal, je vais faire la gueule contre moi-même… » Vendredi soir, au sortir du revers subi par le HBC Nantes à Saint-Cyr, le père affichait une mine renfrognée… Sans doute la haine héréditaire de la défaite. « On est tellement proches que ça nous arrive de vraiment nous disputer, raconte Marion. Des engueulades très fortes qui ne durent jamais longtemps… » Les murs de la maison familiale pourraient bien trembler dans les mois à venir, car le père et la fille sont à nouveau réunis dans la même ville. « Cela fait dix ans que je suis loin de mes parents. Je vais pouvoir passer plus de temps avec eux ! »
Il faut dire que la jolie brunette a pris son envol précocement. A l'âge de 14 ans, elle se retrouve en internat. A 18 ans, elle rallie Toulon (D2). Un exil pour vivre sa passion. Direction un an après Issy-les-Moulineaux (D2 puis D1). Puis, grand saut au Havre, l'un des meilleurs clubs français. Une première année en élite qui se transforme en « grosse désillusion ». L'inverse de ce qu'elle vit quelques mois plus tard à Alcobendas, en Espagne. «Je suis passée du statut de “rien” à celui de “tout” ! », souffle Marion.

Un assentiment par SMS
Une expérience qui va bouleverser sa vie, car elle y rencontre son ami actuel, Valero Rivera, un handballeur ibérique qui vient de s'engager… à Nantes, sous les ordres d'Anti père. « Je serais bien resté en Espagne, mais j'ai toujours dit que je suivrais Valero, explique celle qui est animatrice en centre périscolaire. Je l'ai donc suivi. » C'est Valero qui lui apprend la nouvelle. « J'étais surprise, car mon père ne m'avait rien dit ! Je me souviens lui avoir envoyé un SMS : “Alors, c'est vrai ?” Il m'a répondu : “Ça te dérange ?” Je lui ai dit : “Non pas du tout, c'est entre vous !” » Le point de départ d'une nouvelle vie.