Bordeaux a toujours la gueule de bois

FOOT Battu à Nice dimanche, les Girondins ne parviennent pas à sortir de la tourmente

Lauren Horky (avec AFP)

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Jean Tigana devrait encore être obligé de bricoler un onze de départ dimanche.
Jean Tigana devrait encore être obligé de bricoler un onze de départ dimanche. — P. EMILE / SIPA

Plus les matchs passent, plus Cédric Carrasso se révèle être l'arbre qui cache la forêt cette saison à Bordeaux. Car sans ses exploits, jamais les Girondins n'auraient ramené un succès du Parc des Princes (2-1) ou arraché un nul il y a quinze jours face à Marseille [1-1]. Absent contre Montpellier et Toulouse à l'entame du championnat, son retour dans les cages bordelaises à Paris a contribué à entretenir l'illusion d'un renouveau. Celui censé permettre à Bordeaux de retrouver la Ligue des champions l'an prochain.

Mais à Nice dimanche (défaite 2-1), Bordeaux a touché le fond, à tel point qu'il serait désormais plus censé d'évoquer le maintien. Le président Jean-Louis Triaud n'a d'ailleurs pas caché son agacement : « J'ai vu une équipe de CFA.Cela ne peut pas durer. Les joueurs en sont conscients. Ils étaient venus avec beaucoup de motivation. Il aurait sans doute fallu moins d'envie, mais plus d'investissement dans le jeu. Je trouve inadmissible d'être aussi peu en bloc. » A leur décharge, les Girondins pourront évoquer leur manque d'automatismes né d'un recrutement offensif tardif – à qui la faute ? –, ou la trêve internationale qui les a privés de nombreux joueurs.

«Accepter de mettre le bleu de chauffe »

Méconnaissable, Bordeaux, désormais en position de relégables après cinq journées (18e), ne peut plus se mentir. La lente autodestruction, entamée début 2010 sous l'ère Laurent Blanc, se poursuit. Pis encore, les partenaires d'Alou Diarra semblent avoir épuisé toutes leurs ressources pour tenter de redresser la barre. « Suis-je inquiet ? Oui, bien sûr, reconnaît d'ailleurs Jean Tigana.

Mais avant de penser au classement, il faut déjà jouer et gagner. Depuis janvier, Bordeaux a quand même un parcours de relégable. On réagit plus qu'on n'agit. On peut changer la tactique, le système, mais ce sont toujours les joueurs qui ont la clé. » Le constant est très inquiétant, car Jean Tigana, qui a hérité d'un groupe sinistré, dispose de très peu de joueurs ayant le vécu de la lutte pour le maintien, et ne sait toujours pas comment faire jouer son équipe.

Pour rebondir, Bordeaux devra se faire violence, « trouver les clés et accepter de mettre le bleu de chauffe », poursuit l'entraîneur déjà tourné vers la réception des Lyonnais dimanche prochain. « Nous avons la chance d'avoir un gros match en perspective face à l'OL. Mais il faudra produire autre chose », recommande Jean Tigana. Simple à dire, beaucoup plus difficile à réaliser quand la confiance vous fuit depuis près de neuf mois.