Teddy Riner: «Je ne sais pas si je vais continuer à faire du judo»

JUDO Battu en finale des toutes catégories, le Français accepte très mal sa défaite…

A.P.
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Teddy Riner, à Tokyo le 13 septembre 2010.
Teddy Riner, à Tokyo le 13 septembre 2010. — Y.Nakao / REUTERS

La défaite va si mal à Teddy Riner. Sur une deuxième marche de podium, le colosse ne se sent pas chez lui et fond en larmes comme un gamin privé d’un cinquième titre de champion du monde. Riner n’avait plus connu le goût de la défaite depuis 2008 et les JO de Pékin. Le Français risque de longtemps ressasser cette finale des toutes catégories perdues contre le Japonais Daika Kamikawa, après prolongation et sur des décisions des arbitres, lundi à Tokyo.

Une décision que ne digère pas, mais alors du tout, le quadruple champion du monde. Dominateur, Riner n’a jamais réussi à faire tomber son adversaire. Le Français a attendu en vain une pénalité pour non-combativité qui n’est jamais venue à l’encontre d’un Kamikawa bien décidé à faire traîner en longueur cette finale.  A la descente de son podium, le jeune homme de 21 ans n’a pas hésité à crier au vol. Pour lui pas de doute, ce titre lui revenait de droit. «Je le dominais. Il n’y a pas photo», lâche-t-il. 

«Je me suis fait voler»

Un sentiment partagé par l’entraîneur des judokas tricolores, Benoit Campargue: «Je suis dégoûté! Je trouve ça injuste. Teddy a tout donné, il a pris des risques. Et en face, l’autre ne fait que résister, il se met en opposition mais toujours en contres. C’est dommage de donner la victoire à quelqu’un qui n’a pris aucun risque… Je ne dis pas que Teddy a perdu car on est au Japon, mais on était peut-être un peu jalousé aujourd’hui…» A chaud, un Riner désabusé  pose même la question de son avenir dans le judo. «Je fais tout ce que je peux pour gagner ce combat. C'est moi qui ai fait le plus d'actions. Combien de fois il a attaqué lui? Il n’y a pas de fair-play là. Je me suis fait avoir, je me suis fait voler! Ce n'est pas normal. Pour l'instant, je ne sais pas si je vais continuer à faire du judo».

Il y a la rancœur et du dépit dans ses propos, mais aussi un certain manque de lucidité. Si Teddy Riner a bien dominé de la tête et de ses épaules de déménageurs les cinq minutes de combat, Kamikawa a réalisé les attaques les plus franches lors de la prolongation (ou golden score). Plus que le début de combat, les juges (deux sur trois en tout cas) sont restés sur cette dernière impression pour attribuer la victoire au Japonais. Le ciel s’est alors écroulé sur un Teddy Riner. Le Parisien a même refusé de serrer la main de son adversaire (depuis, Riner s'est excusé pour cet oubli). A 21 ans, Teddy Riner est déjà champion d’exception, il lui reste juste à savoir accepter la défaite. Même quand elle est teintée d’une certaine injustice.