Philippe Bernat-Salles: ancien rugbyman et nouveau patron du hand français

HAND Le Basque s’apprête à vivre sa première rentrée en tant que président de la LNH…

A.P.

— 

Philippe Bernat-Salles,  président de la Ligue nationale de handball.
Philippe Bernat-Salles,  président de la Ligue nationale de handball. — Antoine Bréard

Depuis 2002, le football professionnel français est présidé par un avocat porté sur l’opéra lyrique et ancien directeur de cabinet de Gaston Deferre; le monde du handball a préféré opter pour un ailier du XV de France reconverti gérant de camping au Pays basque. La comparaison s’arrête là entre Frédéric Thiriez et Philippe Bernat-Salles, élu président de la Ligue nationale de handball (LNH) en juin dernier. Sa trajectoire peut surprendre, mais l’ancien roi du cadrage débordement assume ce nouveau crochet: «Vous savez, tout le monde m’a pris pour un fou quand j’ai acheté mon premier camping il y a dix ans.»
 
Pour expliquer cette trajectoire inattendue, Philippe Bernat-Salles évoque une histoire d’amitié et l’envie de filer un coup de main à un sport qu’il a appris à aimer. « Il y a sept ou huit ans, j’ai eu la chance de rencontrer la fameuse équipe des Barjots, par l’intermédiaire de Jackson Richardson et de Philippe Gardent. J’ai lié avec eux une amitié très forte. Petit à petit, j’ai commencé à discuter avec les gens et à donner mon avis. J’ai fini par accepter la proposition qu’on m’a faite.»
 
Les conseils de Serge Blanco
 
Alors que le championnat de France reprend mercredi soir, il enchaîne les rendez-vous et déborde de projets pour son sport d’adoption, qui n’arrive toujours pas à profiter de la locomotive médiatique que constitue l’équipe de France depuis une quinzaine d’années. «Je veux aider un sport fantastique, plaide le jeune quadragénaire. Il faut qu’on essaie de lui apporter plus de médiatisation et de l'aider à trouver une place plus digne de son palmarès.» Pour y arriver, le Basque s’est lancé dans un véritable tour de France des clubs et n’hésite pas à prendre conseil auprès de son ancien patron au Biarritz Olympique, Serge Blanco. «J’en ai discuté avec lui avant d’être élu. C’est un homme que j’estime beaucoup et qui a été à la tête du rugby français pendant douze ans. Il m’a encouragé à accepter ce poste et m’a proposé son aide.»
 
Du rugby, Philippe Bernat-Salles envisage d’importer ces phases finales qui trompent l’ordinaire du championnat en fin de saison. «Ce n’est pas une proposition mais une idée qu’on lance, tempère-t-il. Avec les présidents de club et le bureau de la Ligue, on met des idées sur la table. Il s’agit du format du championnat, des médias qu’il faut attirer, des salles qu’on doit améliorer.» Si le nouveau président a déjà constitué son équipe pour mener à bien ses projets, charge à lui de les conclure. Un peu comme sur un terrain de rugby, quand il filait à l’essai cheveux poivre et sel au vent.