Equipe de France: Opération confiance à Sarajevo

FOOT Les Bleus rencontrent la Bosnie-Herzégovine mardi à 21h...

Pierre Koetschet (à Sarajevo)

— 

Laurent Blanc lors de sa conférence de presse, le 6 septembre 2010 à Sarajevo
Laurent Blanc lors de sa conférence de presse, le 6 septembre 2010 à Sarajevo — F.MORI/AP PHOTO

De notre envoyé spécial à Sarajevo (Bosnie-Herzégovine) 

Espérons que Laurent Blanc n’a pas vu de mauvais présage dans la litanie de cimetières qui longe la route pour accéder au stadion Ferhatovic-Hase, au nord de Sarajevo. «C’est une nation qui a souffert et qui veut exister par le football, reconnait le sélectionneur des Bleus. C’est un sentiment qui va certainement pousser l’équipe nationale.» Dans la capitale bosniaque, impossible d’échapper aux blessures encore à vif du passé, mais le nouveau patron des Bleus est surtout préoccupé par celles, beaucoup moins tragiques, qui affectent les Bleus.

>> Un match à suivre en live comme-à-la-maison à partir de 20h45 sur 20minutes.fr mardi 

Au pied du mur après seulement deux matchs (et deux défaites), incapables de surmonter le syndrome Knysna, l’équipe de France tâtonne, et tout le monde le voit. «Leurs joueurs n'ont plus confiance en l'équipe et je pense que c'est leur faiblesse, explique Safet Susic, ancienne gloire du PSG et sélectionneur de la Bosnie. C'est comme quand on tombe malade, ça vient d'un seul coup et il faut du temps pour guérir.»

Dans un milieu où on a plutôt tendance à survendre ses forces et cacher ses faiblesses, Laurent Blanc a la franchise de ne pas esquiver l’éléphant dans le couloir. «Nous on est là pour faire prendre confiance aux joueurs, assure le sélectionneur. Notre problème, il est là. Ils n’auront pas plus d’expérience face à la Bosnie que face à la Biélorussie, trois jours plus tôt, ce n’est pas possible.»

«Il faut gagner des matchs pour sortir de la sinistrose»

En revanche, la Bosnie a beaucoup plus de talents et de certitudes que la frileuse Biélorussie à l’insolente réussite au Stade de France. Avec en plus, une belle carotte en cas de victoire. «Si on gagne, tout s'ouvrira alors devant nous et la Bosnie pourrait ainsi espérer participer enfin à une grande compétition», salive déjà Safet Susic.

A défaut de certitudes, il faudra donc du culot et surtout un résultat qui manque cruellement aux Bleus (une victoire lors des dix derniers matchs). Si une défaite n’est pas encore rédhibitoire à une éventuelle qualification pour l’Euro 2012, elle plomberait encore un peu plus l’ambiance et ferait de Laurent Blanc le sélectionneur au plus mauvais départ en Bleu. Pas vraiment l’idéal pour reconstruire sereinement. «Il faut gagner des matchs pour sortir de la sinistrose, explique le milieu défensif Alou Diarra. Des victoires, c’est ce dont l’équipe de France a besoin en ce moment.» Et finalement, Sarajevo est peut-être une belle ville pour renaître un peu.