Equipe de France: Jacquet, Hidalgo et Roux s'opposent aux sanctions

FOOT Ils lancent, avec Philippe Piat, le président du syndicat des joueurs, l'appel du 23 août pour veiller à l'«intérêt supérieur» des Bleus…

B.V.

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 Aimé Jacquet, le 25 avril 2003 à Paris.
 Aimé Jacquet, le 25 avril 2003 à Paris. — X.Lhospice / REUTERS

L’appel du 23 août. A trois jours de la liste pour affronter la Biélorussie la 3 septembre prochain, plusieurs sommités du football français lancent un véritable pavé dans la mare en contestant les sanctions prises à l’encontre des meneurs de la grève de Knysna, en Afrique du Sud. Sur le plateau des «Spécialistes», l’émission de Canal+, Philippe Piat, président de l’UNFP, le syndicat des footballeurs professionnels, a expliqué cette démarche. «Nous sommes dans l’absurdité la plus complète. On se prive de joueurs à l’orée d’une compétition internationale. Nous appelons à la lucidité de la fédération».
 
Des propos relayés par deux anciens sélectionneurs des Bleus, Aimé Jacquet et Michel Hidalgo, signataires de cet «appel». «C’est surtout un mouvement pour aider Laurent Blanc, qui a une qualification à obtenir, résume Hidalgo. Le verdict des sanctions est un numéro d’équilibriste, la révolte était collective. Laurent Blanc aura besoin de tous ses atouts contre la Biélorussie et la Bosnie (7 septembre)».
 
«Aller voir les gens du foot amateur, c'est une bonne idée»

D’autant que, pour Philippe Piat, les joueurs ne sont pas les seuls responsables du fiasco sud-africain. «Il y avait un manque d’autorité. Le sélectionneur a été déstabilisé avant le Mondial par la presse et l’annonce de son remplacement…». Et d'ajouter: «Est-ce qu’une fois qu’on aura suspendu les joueurs, on aura résolu tout le problème de l’Afrique du Sud?»

>> Blanc doute des sanctions

Reste que les sanctions sont tombées et qu’elles empêchent – pour l’instant – Anelka, Ribéry, Evra et Toulalan de prétendre à une place dans la liste de Laurent Blanc, déjà ponctionnée de plusieurs blessés (Nasri, Cissokho) et d'un suspendu (Gourcuff). Pour Guy Roux et Philippe Piat, la solution à court terme serait que les joueurs fassent appel. «Il faut trouver une solution qui soit acceptable pour la Fédération et qui accable aussi les joueurs, explique le président de l’UNFP. Parlons des travaux d’intérêt général (en théorie, les joueurs sanctionnés, dont c'est la première sanction au niveau fédérale, à l'exception d'Anelka, pourraient voir leur suspension commuée en travaux d'intérêt général, selon les réglements de la ligue, ndlr). Aller voir les gens du foot amateur, c’est une bonne idée.» Et Guy Roux de conclure : «Imaginez le retentissement si, à cause de match ratés contre la Biélorussie et la Bosnie, la France ne se qualifie pas pour l’euro 2012.»