La Ligue 1 se met au synthétique

FOOTBALL Lorient et Nancy étrennent leur terrain synthétique...

Matthieu Goar

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La nouvelle pelouse synthetique de l'AS Nancy-Lorraine. 
La nouvelle pelouse synthetique de l'AS Nancy-Lorraine.  — Sipa

Le plastique, c'est fantastique? Samedi soir, Lorient et l'AS Nancy Lorraine étrennent les deux premiers terrains synthétiques de la Ligue 1. «Ca va nous faire faire des économies de crampons, sourit Sigamary Diarra, attaquant du FC Lorient qui jouera dorénavant en moulés à domicile. C'est forcément un avantage sur les adversaires puisqu'eux ne joueront que deux fois par an sur ce genre de terrain.»

Déstabiliser les adversaires? Un bon point mais pas forcément le but premier de ce passage au synthétique. Au Moustoir, les dirigeants lorientais se sont décidés à dépenser 900.000 euros dans ce revêtement après avoir constaté la dégradation de la pelouse. «La saison dernière, entre le mois de novembre et de mars, on a joué sur un terrain impraticable», glisse Diarra.

Projeter Marcel Picot dans l'avenir

A Nancy, il s'agit d'adapter la pelouse à l'avenir de l'enceinte municipale. Le futur stade, dont la construction débuterait en 2011 ou 2012, devra accueillir des concerts qui martyriseraient une pelouse déjà bien malmenée tous les hivers par la neige. «Le projet du passage au synthétique s'est fait naturellement si je puis dire car il y a une volonté de faire du stade Marcel Picot une enceinte multifonctionnelle qui puisse accueillir autre chose que le football», explique Nabil El Yaagoubi,

directeur adjoint de l'organisation et de la sécurité à l'AS Nancy Lorraine

. Sous le synthétique, une route a même été prévue pour permettre à des camions de venir installer des scènes ou autres installations.

Un jeu plus rapide

Et les joueurs, ils en pensent quoi? «Les nôtres ont été agréablement surpris voire soulagés pour certains de voir la finition du produit», rapporte Nabil El Yaagoubi. «Au niveau de la fluidité, c'est beaucoup mieux. Il n'y a pas de faux rebonds. A Lorient, on demande du jeu et le terrain synthétique  va nous permettre d'améliorer encore ce secteur, explique Diarra. Le rythme va augmenter et il va falloir s'adapter. Je pense que l'on va terminer les matchs plus fatigués.»  Les ballons fusent, surtout que l'on peut également arroser ces terrains avant les rencontres. Avant et après chaque match, les terrains seront brossés grâce à une machine. «Cela permet de redresser les fibres et d'homogénéiser le remplissage.»

Reste l'inconnue des blessures. «Selon notre kiné à Nancy, on n'a pas encore le recul pour dire qu'il y a plus de blessures sur un synthétique.» Surtout que les nouveaux terrains n'ont que quelques mois d'existence.» Et sans doute un bel avenir devant eux.

 

Du sable et des granulats


Les deux terrains choisis par Nancy et Lorient font 45 mm de hauteur. La moitié de ce revêtement est constitué de sable et de granulats. L'autre de brins de fibres qui simulent les brins de pelouse.