Mexès, Nasri et Benzema: trois ex-bannis qui jouent gros

FOOTBALL Anciens bannis, ils peuvent s'installer durablement chez les Bleus...

M.Go. avec AFP

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Philippe mexès, lors du match amical contre l'Argentine, le 11 février 2009.
Philippe mexès, lors du match amical contre l'Argentine, le 11 février 2009. — REUTERS

Le train va donc siffler une deuxième fois. Pour Philippe Mexès, Samir Nasri et Karim Benzema, qui sont tombés en marche, il est temps de raccrocher le wagon bleu. Ca tombe bien, l’équipe de France n’est pas vraiment un TGV en ce moment. Et surtout, il reste des places dans toutes les lignes. Mercredi soir, en l’absence des 23 mutins, ces trois espoirs, qui ont déjà une relation tortueuse avec l’équipe de France, joueront gros.

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Philippe Mexès: l’élégant joue sa dernière carte

Il s’est désintégré un soir de septembre 2008. Personnellement responsable de deux buts  des trois buts encaissés à Vienne contre une faible Autriche, l’élégant Romain incarne alors les déboires défensifs des Bleus. Il est vite rangé au placard par Domenech qui n’a pas le temps d’installer un nouveau défenseur, aussi talentueux soit-il. L’époque a changé. Après le fiasco sud-africain, Laurent Blanc a, lui, le devoir de tout changer. Lolo n’a pas oublié le potentiel de Mexès, à la fois rigoureux et bon relanceur. Un profil qui n’est pas sans rappeler le jeu du sélectionneur qui ne fera pourtant aucune concession au fils prodigue. «On sait qu'il a les qualités pour devenir un très bon défenseur central. Mais il y a un décalage avec ce qu'il a montré en équipe nationale. Je lui ai dit: «Le train est passé une fois. Fais en sorte d'y monter si le train repasse une deuxième fois.»  Avec 13 sélections à peine, à 28 ans, Mexès joue sa dernière carte.

Samir Nasri: le gamin enfin adulte?

Le gamin va-t-il enfin devenir un adulte respecté? Sous le zoom des caméras dès l’adolescence («Alors mon petit, tu vas devenir le successeur de Zidane, hein?»), Samir Nasri s’est brutalement vu écarter des Bleus à cause de la première affaire du bus. En piquant sa place dans le car à la majesté déclinante Thierry Henry, le gamin talentueux est, comme par magie, devenu le sale gosse irrespectueux. L’un des symboles de la génération MP3 opposées aux cadres. Résultat: le Gunner n’est pas du voyage en Afrique du Sud.  «Si c’est vrai, ne pas aller à la Coupe du monde à cause d’une place dans le bus, c’est pathétique», analyse Nasri dans L’Equipe.  Un mal pour un bien finalement. Car avoir échappé au désastre sud-africain permet à Nasri d’avoir une nouvelle chance. Parfois inspiré, souvent irrégulier en Bleu, le Gunner, très en forme depuis le début de la préparation d’Arsenal (il a marché sur l’eau face à Legia ce week-end), devra inspirer le jeu de l’équipe de France, tellement statique au Mondial. «Ce n'est pas une seconde chance. C'est notre chance. On a vingt-trois ans. On n'a plus l'excuse de la jeunesse. À nous de prendre les choses en main. Il y a un nouveau départ avec un nouveau sélectionneur. Et comme l'a dit Laurent Blanc  «il y a un train à prendre et, cette fois, il ne faut pas le rater».» D’autant que Yoann Gourcuff sera suspendu pour les deux premiers matchs des éliminatoires.

Karim Benzema: enfin décisif

Le plus grand espoir des attaquants français va-t-il enfin exploser? A à peine 23 ans, l’attaquant du Real a déjà beaucoup vécu en Bleu. Entre la bouderie post-Roumanie (: «Je n’avais pas forcément envie de jouer, envie de tout donner.» ») et l’éviction du Mondial, le Madrilène peut espérer relancer sa carrière en sélection et emmagasiner de la confiance pour la reprise en club après une première saison espagnole délicate où Ronaldo et Higuain ont pris une belle avance. «Mais je n'ai plus le même état d'esprit depuis un moment. Sur un terrain, je suis un tout autre homme. Je veux tout faire pour être bon en sélection une fois pour toutes. Je suis bien, c'est un nouveau départ, avec un nouvel état d'esprit, un nouvel entraîneur et pas mal de nouveaux joueurs pour ce stage», a affirmé le Madrilène, lundi. Le choix de Laurent Blanc de le sélectionner malgré l’affaire Zahia est un signe fort: le sélectionneur compte sur lui. «Même s'il n'est pas dans les meilleures dispositions physiques et psychologiques, il était important de le convoquer car je pense que Karim, comme d'autres, peut faire partie intégrante d'un noyau de l'équipe de France dans le futur», explique Blanc. Reste à marquer. En 27 sélections, Benzema a certes marqué 8 buts. Rarement dans les matchs importants.