Les dix personnalités qui vont marquer la saison 2010-2011 en Ligue 1

FOOT Les colères d'Aulas, le mystère Tigana, la gentillesse de Gourcuff...

M. P.

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L'entraîneur des Girondins de Bordeaux, Jean Tigana, le 31 juillet 2010
L'entraîneur des Girondins de Bordeaux, Jean Tigana, le 31 juillet 2010 — REAU ALEXIS/SIPA

C’est la reprise et manque de bol, vous n’aviez pas Canal+ dans votre camping-car. Pas de problème, 20minutes.fr a suivi pour vous les premiers épisodes de la saison 2010-2011. Et comme il n’y a pas de football sans joueurs de talent, commentateurs francs, dirigeants et entraîneurs gueulards, voici un petit tour d’horizon de ce qu’il va se faire de mieux dans le football hexagonal.



César Azpilicueta:



Faute de grives, on mange des merles. L’an dernier, les gros transferts s’appelaient Lucho Gonzalez, Aly Cissokho, Lisandro Lopes, Yoann Gourcuff. Et les millions glissaient des doigts des clubs français. Cet été, la seule grosse arrivée de l’étranger s’appelle César Azpilicueta et il est arrière droit. Autant vous dire que cela ne devrait pas changer fondamentalement la face du foot français. Mais ce jeune joueur (20 ans) est Espagnol et fait partie des équipes nationales depuis un bon moment. En clair, c’est la relève de Sergio Ramos. Laurent Bonnart ne pouvait pas lutter et on a hâte de voir ce qu'il donnera face à un Geoffrey Dernis.



Jean Tigana:



Certains s’en souviennent comme l’un des côtés du carré magique avec Platini, Giresse et Fernandez. D’autres comme l’entraîneur qui a lancé Henry et Trézéguet. Et puis, il y a ceux qui se rappellent de ses déboires au Besiktas et ses candidatures malheureuses au poste de sélectionneur. Cette fois-ci, Tigana a le poste rêvé pour montrer à la France qu’il est le meilleur. Les Bordelais ont un bon potentiel, un esprit de revanche après une mauvaise fin de saison et n’ont qu’un objectif, le championnat. Sauf que Jeannot est un «gentleman farmer» (dixit Guy Roux). Ca fait deux ans qu’il plante des vignes et ne repointe son nez dans le foot qu’à chaque rumeur de limogeage de Domenech.



Loïc Rémy:



Un buteur jeune, efficace (pour marquer 14 buts en une saison à l’OGC Nice, il faut se lever de bonne heure) et pas encore inabordable, la Ligue1 n’en compte pas des centaines. Le problème, c’est que Nice a décidé d’embarquer le joueur dans sa descente annoncée en Ligue2. Lyon, Bordeaux, Rennes et tout ce que l’Angleterre produit de clubs de seconde zone veut s’attacher ses services, mais rien n'y fait. Le problème, c’est que l’Aiglon n’a pas encore pu déployer ses ailes au plus haut niveau. Domenech ayant préféré faire jouer Luyindula en sélection et Nice étant fâché avec les Coupes européennes, Rémy est pour l’instant réduit à planter des doublés à Boulogne-sur-Mer. En attendant que le mercato se déride.



Robin Leproux:



C’est l’homme qui a dit non. Non à la violence, non aux abonnements, non à Boulogne, non à Auteuil, non aux déplacements libres des supporters, non aux gros transferts. Mais c’est aussi l’homme qui a dit oui. Oui aux enfants, oui aux femmes, oui à Germain le lynx, oui à Makelele, oui aux places à 45 euros. Du côté du Parc, on s’attend à une année calme. En tribune tout du moins. Sur le terrain, Robin Leproux devra être strict: pas de tacle méchant, pas d’antijeu, pas de simulation.

Pas sûr que ça plaise à tout le monde.

Yoann Gourcuff:



Mais qui est Yoann Gourcuff? Est-il l’infâme gréviste solidaire des Gallas, Evra et compagnie? Ou la pauvre victime des sarcasmes de Ribéry? Cette question paraît futile mais elle en appelle une autre: Yoann Gourcuff est-il capable de devenir un leader sur le terrain? Si les gros clubs européens n’ont pas encore sorti un gros chèque pour acheter le joueur, c’est que cette question n’est pas tranchée. Son talent technique ne fait pas de doute, mais un meneur de jeu sans caractère, c’est comme un Kouign Amann sans sucre. Ca manque de sucre.



Christophe Dugarry:



Depuis qu’il est devenu le consultant préféré des joueurs de L1, «Duga» se lâche totalement, faisant passer Pierre Menès pour un gentil toutou. Du coup, s’il y a une raison d’attendre la reprise de la Ligue 1, c’est bien de retrouver la mine bronzée de Dugarry. Car celui qui fut l’homme le plus sifflé de France est devenu une personne fréquentable. Mieux, il est devenu, à l’instar de son pote Lizarazu, le redresseur de tord du foot français. Domenech en a fait les frais. Houllier aussi. Cette année, Aulas n’a qu’à bien se tenir parce que depuis qu’il n’est plus joueur, Dugarry manque rarement sa cible.



Eden Hazard:



Mais que fait-il encore en Ligue1 celui-là? Et oui, le brillantissime Belge truste le trophée de meilleur espoir de l’UNFP, mais n’est pas encore décidé à aller jouer loin de son plat pays natal. Comme à chaque début de saison, ses dirigeants ont dû lui citer tous les grands clubs dans lesquels il pourrait évoluer s’il fait une autre bonne année dans le Nord. Les Lillois espèrent secrètement que leur Belge dribbleur saura leur montrer la voie vers un titre. Parce qu’en dehors d’une Coupe Intertoto en 2004 et d’une première place en Ligue 2 en 2000, le LOSC patiente depuis plus de cinquant ans. Mais Eden est trop jeune pour le savoir.



Margarita Louis-Dreyfus:



Le Vieux-Port a les yeux rivés sur le sac à main de la veuve-tsarine. Margarita Louis-Dreyfus sortira-t-elle son carnet de chèque qui leur offrirait à nouveau l’espoir d’un titre européen? Pas sûr. L’OM aurait bien besoin d’un pur goaléador, mais pour se l’offrir, il faut demander à la dame et celle-ci n’est pas commode en affaires. Les noms de Klose, Santa-Cruz, Adebayor se murmurent. Mais pour l’instant, le Vieux-Port patiente.



André-Pierre Gignac:



Ok, «Dédé» a fait une saison 2009-2010 moyenne. Mais guéri de ses blessures à répétition, rien ne l’empêche de redevenir meilleur buteur du championnat. Evidemment, à Toulouse, ce n’est pas évident de concrétiser les trois ballons qu’il touche par match. Mais Gignac est habitué: en équipe de France, c’était pas beaucoup mieux. A la limite, on se fait plus de souci pour lui s’il part à Marseille.



Jean-Michel Aulas:



Le «parrain» de la Ligue1 est toujours dans la place. L’homme en guerre contre les arbitres, contre Canal + et contre un petit paquet de supporters continuera infatigablement à faire valoir son bon droit. De sa voix mielleuse, il excusera les résultats moyens obtenus par Claude Puel tout en indiquant les problèmes de Lyon sont ceux du foot français. Et puis, en fin de saison, il fera le bilan. Malheur si l’OL n’est toujours pas champion…