La Fédération peut-elle écarter Ribéry et Benzema?

FOOTBALL Le débat juridique n'est pas si simple que ça...

M.Go.

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Franck Ribéry, le 20 juillet 2010 à Paris.
Franck Ribéry, le 20 juillet 2010 à Paris. — B.GUAY / REUTERS

Et si Fernand Duchaussoy, pas encore président de la FFF, avait parlé trop vite? La FFF a-t-elle le droit de ne pas sélectionner un joueur parce qu’il est mis en examen? Juridiquement non.  «Si, officiellement, Laurent Blanc justifiait la non-sélection de Ribéry parce que ce joueur est mis en examen. Ca pose un problème vis-à-vis des principes de présomption d’innocence parce qu’il n’est pas encore coupable», explique Laurent Plagnol, avocat au barreau de Paris et spécialiste du droit du sport.  

Une faille dans laquelle s’est engouffrée l’avocate de Ribéry. «Seule une condamnation définitive fait disparaître la présomption d'innocence dont il doit bénéficier durant toute la durée de la procédure, rappelle Me Sophie Bottai. J'espère justement que la Fédération française de football, organe indépendant, aura elle le réflexe de suivre le droit et non le lynchage médiatique et judiciaire.»

Un débat compliqué

En matière de football, même si la FFF, malhabilement, décide de ne pas sélectionneur un joueur à cause d’une mise en examen, le joueur pourrait se retourner vers la justice. Sans grande chance de réussir. «On est dans un débat très ténu parce qu’il faut pouvoir démontrer que si Ribéry n’avait pas été mis examen, il aurait été en condition d’être sélectionné et qu’il aurait été effectivement sélectionné. C’est impossible car en football, il n’y a pas de critères objectifs à une sélection, il n’y a pas de minimas comme en athlétisme», analyse Laurent Plagnol.

L’équipe de France n’est pas le gouvernement, mais lorsqu’Edouard Balladur avait exigé que les ministres mis en examen quittent leur fonction, cette décision portait également atteinte à la présomption d’innocence. Le monde politique a pourtant imposé cette coutume. Et puis, en matière de football, Laurent Blanc fait ce qu’il veut, il lui suffit de ne pas justifier la non-sélection de Ribéry en évoquant son état de forme ou sa faiblesse psychologique dont a fait état l’avocate du joueur.

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