Succession, grève des joueurs, licenciement de Domenech: le lourd programme du Conseil Fédéral vendredi

FOOTBALL Le «gouvernement» de la FFF doit changer de président et beaucoup discuter....

M.Go.

— 

 Le siège de la Fédération française de football, à Paris le 3 juillet 2008.
 Le siège de la Fédération française de football, à Paris le 3 juillet 2008. — E.Gaillard / REUTERS

Vendredi à 14 h, les 21 membres du Conseil Fédéral de la FFF se réunissent pour quelques décisions et des heures de palabres. «On sait toujours quand ça commence mais jamais quand ça se termine», glisse dans un sourire un membre de la Fédé. Pour ce deuxième Conseil post-fiasco, l’ordre du jour est d’acter la succession de Jean-Pierre Escalettes. Mais aussi de parler de l’avenir. Et certains sujets risquent de provoquer des débats.

 

La succession de Jean-Pierre Escalettes

Quelques discussions et sans doute un vote à main levée, la priorité du jour devrait être vite expédiée puisque Fernand Duchaussoy a déjà été adoubé par le monde amateur.  «Sur 20 votants, j'ai eu 20 voix. Les gens trouvent que j'ai la légitimité pour faire l'intérim jusqu'en décembre. On ne parle pas de présidence ad vitam aeternam», a déclaré le président de la Ligue de Football amateur dans le Parisien-Aujourd’hui en France cette semaine. La succession d’Escalettes est en effet provisoire puisqu’une assemblée fédérale élira un nouveau président le 18 décembre. Charge à Duchaussoy d’organiser les états généraux du football et d’affronter une éventuelle fronde du monde professionnel. «Nous sommes tous d’accord, c’est très bien. Mais tout se passera après l’élection de Duchaussoy avec la possible remise en cause du système de gouvernance de la Fédé», estime Guy Chambily, membre du conseil qui s’attend à un automne musclé.

Les sanctions contre les joueurs grévistes

Les débats risquent de s’animer à l’évocation de Knysna. Avant ce conseil fédéral, la FFF a déjà mis en place une commission d’enquête «pour établir les faits et les responsabilités dans le déroulement des événements du dimanche 20 juin», jour de la grève. Mais le conseil fédéral devrait discuter déjà de ce sujet épineux pour ne pas laisser Laurent Blanc se débrouiller seul. «Ce n’est pas à lui de nettoyer les écuries. Après j’ai un avis très mitigé. Il faut faire quelque chose mais quoi?, s’interroge Chambily. Les extrêmes du conseil veulent exclure tout le groupe pendant un an mais n’est-ce pas un peu excessif car il y a eu des meneurs et des moutons?» Et puis surtout, avec qui jouer le début des éliminatoires de l’Euro 2012? «Il peut y avoir des suspensions, des travaux d'intérêt général...», a évoqué Duchaussoy. Vendredi, le conseil devrait donc évoquer une palette de sanctions. Sans trancher. «Sur ce sujet, je ne pense pas qu’il y aura des décisions définitives prises. Mais on n’a pas envie non plus que ça traîne de trop, cette histoire», remarque Guy Chambily. Et les cas particuliers de Benzema et Ribéry, mis en examen, devraient aussi être débattus.

Le cas Raymond Domenech

Un Conseil Fédéral ne serait pas réussi sans que le cas Domenech ne soit évoqué. Il y a eu l’adoubement à main levée en 2008, vendredi, le Conseil devrait discuter de son possible licenciement. «Nous ne pouvons pas garder Raymond Domenech, c’est impensable….», insiste Chambily. Alors accord à l’amiable ou licenciement? A priori la majorité du conseil penche pour cette dernière solution risquée. Car, l’ancien sélectionneur (en poste jusqu’à fin juillet) va continuer à être sous contrat avec la fédération, et n’a pas du tout l’intention de démissionner.  «On doit juste acter son licenciement pour que des professionnels s’emparent de ce sujet. Vous savez c’est très technique. Nous ne sommes pas habilités à juger si c’est faute lourde ou faute grave. Un licenciement n’est pas un chose facile, je suis bien placé pour le dire car j’ai eu à faire aux prudhommes», assène Chambily, chef d'entreprise et un des principaux détracteurs du sélectionneur.