Air France veut redécoller sans licencier

AÉRIEN a compagnie va supprimer près de 4.000 emplois d'ici à 2013...

Gilles Wallon

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Un avion de la compagnie Air France à l'aéroport d'Orly, à Paris, en avril 2010.
Un avion de la compagnie Air France à l'aéroport d'Orly, à Paris, en avril 2010. — CHAUVEAU/SIPA

Pour mieux redécoller, Air France allège ses effectifs. La compagnie aérienne l’a signalé ce lundi : convalescente après deux années de perte, elle pourrait supprimer près de 4 000 emplois d’ici mars 2013. Sans licenciements, mais par un plan de départs volontaires, de gel des embauches, et de non-remplacement de départs à la retraite.

Pratiques et concurrents nouveaux

L’annonce confirme un mouvement de fond, entamé en mars  2008. Depuis plus de deux ans, le géant de l’aviation ne cesse de diminuer ses équipes. Avant que n’arrive la crise, ses 57.000 employés devaient déjà affronter de nouveaux concurrents – les compagnies low-cost et de nouvelles pratiques – les réservations en ligne.
 
Mais les deux années de récession mondiale ont amplifié le mouvement : hausse du carburant, baisse du fret, ralentissement du trafic passager. Un coup terrible pour tout le secteur, mais surtout pour les compagnies haut de gamme, telle Air France, qui misent beaucoup sur une offre « Premium» -première classe et business- désertée en temps de rigueur.

«Monde aérien de plus en plus féroce»

La période a donc accéléré les calculs d’Air France sur leurs besoins en personnel. «Le monde aérien est de plus en plus féroce», rappelle le syndicat SNPNC. «C’est une course constante à la compétitivité, à la concurrence.»
 
La société cherche pourtant à éviter les plans sociaux. En deux ans, 5.000 postes ont déjà été supprimés, sans licenciements. Un guichet de départs volontaires a même rencontré un succès tel qu’il en a surpris la direction. Clos en mai, ce plan concerne environ 1.800 salariés qui vont quitter l'entreprise d'ici fin 2010.

Reprise du trafic

En 2013, Air France pourrait même d’ailleurs se retrouver en sous-effectif. Car les passagers reviennent, peu à peu.
 
Après avoir dégringolé l’année dernière, le trafic aérien a connu en mai dernier une forte hausse pour revenir à son niveau d'avant la crise, a annoncé la semaine dernière l'Association internationale du transport aérien (Iata).