Coupe du monde: Capdevila, le côté obscur de la Roja

MONDIAL2010 Au milieu des stars espagnoles, Joan Capdevila est devenu un tâcheron indispensable...

Antoine Maes

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L'arrière latéral espagnol Joan Capdevila face au Chili le 25 juin 2010 à Pretoria, en Afrique du Sud.
L'arrière latéral espagnol Joan Capdevila face au Chili le 25 juin 2010 à Pretoria, en Afrique du Sud. — SIPA/AP Photo/Dani Ochoa de Olza

De notre envoyé spécial à Johannesburg,

Dans la dream-team de Del Bosque, il ne cadre pas vraiment dans le décor. Il est le dernier joueur de Villareal encore présent en sélection. Il est le seul espagnol à avouer «avoir les pieds carrés». Et chez lui, il est plus connu pour avoir jonglé avec un verre de bière sur l’épaule après le triomphe de la Roja à l’Euro 2008 que pour ses exploits sur le pré. Il s’appelle Joan Capdevila, et c’est le titulaire indiscutable au poste de latéral gauche chez les Espagnols. Contre le Paraguay, en quart de finale, il a même fêté sa 50e sélection. Mais il ne fait pas rêver, et sait pourquoi. «Je n’ai jamais entendu un enfant dire que plus grand, il voulait être latéral», remarque-t-il. Et surtout pas un latéral comme lui.

Capdevila qui joue avec Xavi, Iniesta ou Villa, c’est un chanteur de heavy-metal dans un orchestre philarmonique. Il le sait, et ça lui va très bien comme ça. «Je viendrai en sélection jusqu’à ce qu’on me jette. Pour moi, c’est ce qu’il y a de plus beau. Chaque match est un combat où je dois faire mes preuves pour qu’on continue à compter sur moi», explique le joueur. Tout de même, il est celui qui a disputé le plus de minutes en éliminatoires, devant Iker Casillas.

«Pas le niveau pour les équipes de jeunes du Barça»

C’est une statistique qui dit deux choses. La première: Capdevila n’est pas aussi mauvais qu’il le laisse entendre. La deuxième: l’Espagne, surarmée à tous les postes, est un peu légère sur le flanc gauche de sa défense. «Je sais que je ne suis pas une star. Mon rôle je le connais, mais mes coéquipiers sont tellement bons qu’ils arrivent à  me faire ressembler à Roberto Carlos. Je leur envoie un melon et ils en font un puits de pétrole. Les cracks de la Seleccion sont fantastiques. Tout ce que je peux apporter c’est du travail et mon expérience. Et de la bonne humeur», se marre Capdevila. Longtemps, il n’a pourtant pas fait rire grand-monde. Car s’il a fait ses premières armes à Barcelone, ce n’est pas à la Masia qu’il a appris le foot, mais chez le voisin de l’Espanyol. «Je ne me suis pas trompé de club formateur. La vérité c’est que je n’avais pas le niveau pour jouer dans les équipes de jeunes du Barça», raconte-t-il.

D’ailleurs, ses débuts balle au pied n’ont pas laissé un souvenir impérissable à ses formateurs. «Le premier match de ma vie, je l’ai joué en défense. J’avais 6 ans et mon entraineur m’avait demandé à quel poste je jouais. Je lui ai dit «je sais pas». Comme mon père était défenseur central, il m’a mis au même poste que lui. Le premier ballon que j’ai touché à fini dans les filets de mon gardien. Là mon coach m’a dit «Ok, je veux plus te voir derrière. Tu vas devant». C’est peut être de là qu’il conserve un sens du but assez rare à son poste, puisqu’il n’a jamais marqué moins de six fois lors des cinq dernières saisons. Pas mal, pour un gars avec des pieds carrés.