En Allemagne, l'absent n'a pas toujours tort

MONDIAL2010 Le forfait de Michael Ballack s'avère être une excellente nouvelle pour la Mannschaft...

Antoine Maes

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Michaël Ballack sur le banc de l'équipe d'Allemagne lors de la victoire 4 à 0 contre l'Argentine le 3 juiller 2010 au Cap. 
Michaël Ballack sur le banc de l'équipe d'Allemagne lors de la victoire 4 à 0 contre l'Argentine le 3 juiller 2010 au Cap.  — Kai Pfaffenbach / Reuters

De notre envoyé spécial à Johannesburg,

Chez les Allemands, visiblement, le chat noir portait le brassard. Car malgré l’absence de leur capitaine, les hommes de Joachim Löw se sont taillés un chemin jusqu’au dernier carré. Un parcours qui dessine, en creux, l’importance toute relative de Michael Ballack. A 33 ans, il a raté ce qui devait être sa dernière grande compétition avec son pays à cause d’une blessure à la cheville. Le coupable: le Ghanéen Kevin-Prince Boateng, auteur d’un vilain tacle en finale de la Cup anglaise. Après l’avoir lynché, la presse allemande va peut être se mettre à lui tresser des lauriers. Car Outre-Rhin, Ballack, c’est le capitaine d’une équipe de loser, battu en finale de la Coupe du monde en 2002, en demi-finale il y a quatre ans, et en finale de l’Euro il y a deux ans.

En attendant, «Micha» a tout de même rejoint ses petits camarades. C’était juste avant que Schweinsteiger, Müller et Klose fassent exploser l’Argentine (4-0). «Ca me fait mal, j’aurais moi aussi bien aimé être sur le terrain, mais c’est le football. Cette équipe fait partie des grands favoris. Je pars du principe qu’on va aller en finale. Il est important que les joueurs ne deviennent pas présomptueux, mais c’est quelque chose que je ne crains pas, car les gars débordent de confiance», explique celui qui est devenu le Beckham allemand.

Les anciens le dégomment

Et ceci explique peut être cela. Libérés de l’ombre tutélaire d’un leader vieillissant, les minots de Löw ont tous grandit d’un coup. C’est en tout cas la théorie des légendes allemandes, qui n’ont pas hésité longtemps avant de sortir les couteaux. «La perte de Michael Ballack a été une chance. S’il ne s’était pas blessé, Schweinsteiger n’aurait pas été aussi grand. Il aurait été un joueur de plus derrière Ballack. Mais maintenant, il n’a plus à l’être et il peut utiliser tout son grand potentiel», explique Bernd Schuster. «C’est sympa qu’il soit venu et qu’il nous apporte son soutien à sa façon, comme capitaine, même s’il n’est pas aussi proche de l’équipe que d’habitude», explique diplomatiquement le  nouveau leader technique allemand.

Même point de vue chez Lothar Matthaüs, vipère traditionnel du «fussball» de Moenchengladbach à Munich. «Je suis désolé pour lui. Son forfait est une catastrophe personnelle, mais ça a bénéficié à l’Allemagne. Il dominait quelques joueurs qui ont maintenant mûri. Chacun d’entre eux a pris un peu plus de responsabilité, et l’équipe joue aussi avec beaucoup plus de rythme. Il prenait beaucoup de place en dehors du jeu, mais ça ne convenait pas à la mentalité de cette jeune formation», balance l’ancien joueur du Bayern. «Il a parlé à quelques joueurs avant le match contre l’Argentine, mais tout le monde sait ce qu’il a à faire, tout le monde est très concentré», remarque Bastian Schweinsteiger. Finalement, même comme GO, Michael Ballack n’est pas très utile.