Coupe du monde: Le Ghana, dernier espoir de l'Afrique du sud

FOOT Deniers représentants africains, les Black Stars recevront le soutien de tout un continent en quart de finale...

Romain Scotto, au Cap
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Les supporters du Ghana, lors d'un match de Coupe du monde contre l'Allemagne, le 23 juin 2010 à Johannesbourg.
Les supporters du Ghana, lors d'un match de Coupe du monde contre l'Allemagne, le 23 juin 2010 à Johannesbourg. — C.Charisius/REUTERS

De notre envoyé spécial au Cap (Afrique du sud),

Plus besoin de se perdre dans les rues de Johannesburg ou du Cap pour  trouver la trace d'un maillot du Ghana. En Afrique du sud, c’est  toujours une marée jaune qui habille les rues des grandes villes. Malgré  l’élimination de leur équipe, les habitants restent fidèles aux Bafana  Bafana, mais depuis une semaine, le jaune et rouge des Black Stars fait  office de deuxième choix. «On est en rupture de stock, confirme Bongiwe,  commerçante du Cap forcément ravie de la qualification du Ghana pour  les quarts de finale. C’est pareil pour les écharpes. Il ne nous reste  qu’un bonnet, avant le prochain match.»

En Afrique du sud, la population noire a trouvé son équipe de  substitution pour la fin du Mondial. Chez les Blancs, le soutien est  beaucoup moins prononcé, voire inexistant. «En général, les Africains sont facinés par les équipes qui gagnent. C'est pour cela que beaucoup se rabattent sur le Ghana. Moi, je m'en moque», explique Retief, un retraité blanc du Cap, qui ne revendique aucune africainité. Pour cette frange minoritaire  de la population (9,5%), la Coupe du monde se vit moins par  procuration. Pour eux, l’élimination de l’Angleterre a sonné le gong  final de la compétition. Les Pays-Bas ne faisant pas vraiment bourdonner  les vuvuzelas…

«Ici, c’est notre terre»

Le premier soutien des coéquipiers de Gyan Asamoah émane d’ailleurs du  comité organisateur, balayant étrangement sa prétendue neutralité. Avant  le quart de finale face à l’Uruguay, vendredi, le LOC ne cesse  d’encourager les joueurs de Miroslav Rajevac. Sur les publicités «Africa  United», ne s’affichent plus que les visages d’Appiah ou Annan, juste  au dessus de ce message: «En Afrique, chaque peuple appartient à la même  famille.»

Depuis le début de la compétition s’est aussi instaurée une solidarité  entre supporters africains. Même les Nigérians, souvent montrés du doigt  dans le pays, sont mieux accueillis. En tribunes, on a vu fleurir des  pancartes «United as one. Africa must not fear any team, this is our  land» (Soyons unis. L'Afrique ne doit avoir peur de personne, ici c'est  notre terre.) Voilà pourquoi la presse locale a rebaptisé les «Black  Stars» en «Africa Last Stars». L’engouement a même pris une tournure  politique depuis que l’ANC, le parti de Nelson Mandela, s’est rangé  derrière eux. «Nous avons confiance en vous pour atteindre la finale,  vous êtes notre espoir», clame Jackson Mthembu, le porte-parole du parti  majoritaire d'Afrique du sud.

Punir l’Uruguay pour venger les Bafana

Du coup, l’ennemi est clairement ciblé: l’Uruguay, adversaire du Ghana  pour une place en demi-finale. Peut-être une première pour un pays  africain. «Nous devons être vengés des Uruguayens qui ont humilié les  Bafana. Vive les Black Stars», indique le congrès des syndicats  sud-africains. Pour ce match, il invite aussi le public à investir en  masse le Soccer Stadium de Johannesburg, vendredi soir. «Tous les pays  africains nous soutiendront et nous ne voulons pas les décevoir»,  anticipe déjà le milieu Tony Annan, déjà prêt à supporter la pression de  tout un continent.