Les joueurs de la Corée du sud, fêtant un but inscrit contre le Nigeria, lr 22 juin 2010, à Durban.
Les joueurs de la Corée du sud, fêtant un but inscrit contre le Nigeria, lr 22 juin 2010, à Durban. — M.Hutchings/REUTERS

FOOT

Coupe du monde: L'Asie sur ses lauriers

Deux équipes asiatiques en 8e de finale d'une Coupe du monde, c'est une première depuis 2002...

De notre envoyé spécial à Port-Elizabeth (Afrique du sud),

Les plus belles images de la Coupe du monde sont ici...

Il n'y a pas grand-chose qui puisse faire bouger l'un des deux sourcils de Huh-Jung-Moo, le taiseux sélectionneur de la Corée du sud. Le bonhomme prépare son équipe à un huitième de finale de Coupe du monde comme d'autres font leurs mots fléchés. En somnolant. Et sans donner des proportions démesurées à l'événement. La Corée est au deuxième tour, au même titre que le Japon? «C'est une très bonne chose, mais le football asiatique a encore du retard à rattraper. Maintenant, nous visons quand même le top 8 mondial», glisse laconiquement le patron des Guerriers Taeguk.

Dans l'histoire de la Coupe du monde, il n'y a qu'en 2002 que deux équipes du continent asiatique ne s'étaient hissées au deuxième tour. En Afrique du sud, les supporters japonais et coréens ont pris possession des rues. Et on s'interroge de plus en plus sur les visées de ces équipes surprises. «Tout cela montre que le football asiatique a grandi et qu'il peut être au niveau des meilleure équipes européennes, analyse Park Ji Sung, le capitaine de la Corée, à la veille de son huitième de finale contre l'Uruguay.

Solidaires

L'ailier de Manchester apprécie ce retournement de la hiérarchie. «Si certaines équipes européennes ne sont pas là, c'est peut-être parce que leurs joueurs ont terminé leur saison juste avant la Coupe du monde. Ils sont fatigués.» En plein mois de juin, les championnats japonais (J-League) et coréen (K-League) n'ont pas atteint leur trêve. Cela semble faire les affaires de deux sélections, composées en majorité de joueurs locaux.

Sur le terrain, les deux équipes s'appuient sur leur vitesse de transmission et leur faculté à presser l'adversaire pour lui prendre le ballon. Dans ce domaine, le Japon a été cité en exemple par Raymond Domenech avant d'affronter le Mexique. «Des chiens à la récupération.», avait-il inscrit sur son tableau. «Chaque continent a ses caractéristiques, poursuit Park. Les équipes sud-américaines ont de grandes individualités, nous non, on doit jouer différemment». De façon solidaire et collective, donc.

Faire aussi bien qu'en 2002


Les deux nations ont aussi la particularité d'avoir fait des coups de pieds arrêtés une spécialité maison. Trois buts sur cinq pour la Corée. Deux sur quatre pour le Japon. Malgré cela, le sélectionneur coréen refuse d'entrer dans le jeu des comparaisons. «Ce sont vraiment deux équipes différentes, glisse-t-il sans argumentation. On ne peut pas comparer mais on doit grandir ensemble.» Franchir les paliers un à un, comme cela avait été le cas en 2002, lors d'un Mondial organisé en commun, par exemple.

Personne n'a oublié les mobylettes de Séoul, infatigables sous le commandement de Guus Hiddink. A l'époque, elles s'étaient hissés en demi-finale de l'épreuve. Huit ans après, on leur parle encore d'un possible «effet maison». «C'est pour cela qu'on a envie de prouver qu'on peut réaliser de grandes performances ici. Loin de chez nous. En 2002, on avait la meilleure génération de l'histoire du football coréen.» Jusqu'à celle de cette année?