Equipe de France: Et maintenant, le grand déballage?

FOOT L'élimination est consommée. Les langues pourraient vite se délier...

Romain Scotto (à Bloemfontein)

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Raymond Domenech et Thierry Henry à Bloemfontein, le 22 juin 2010.
Raymond Domenech et Thierry Henry à Bloemfontein, le 22 juin 2010. — SIPA

De notre envoyé spécial à Bloemfontein (Afrique du Sud)

 

Un long silence de Patrice Evra vaut souvent beaucoup plus que toutes les palabres de ses coéquipiers. Le capitaine des Bleus (du moins jusqu'au dernier match...), impeccable dans son costume anthracite, a réfléchi un long moment avant de dire si oui ou non, l'arrivée de Laurent Blanc suffira à cette équipe de France pour repartir sur des bases saines, et gommer le désastre de la fin de l'ère Domenech. Le Mancunien n'a pas voulu parler. Mais ses lèvres ont bougé. Les mots semblaient vouloir s'échapper. En guise de réponse, il laisse en Afrique du sud un petit sourire et un hochement de tête qui en disent long sur son ressentiment. Sa rancoeur, même, vis-à-vis de Raymond Domenech qui l'a lâché en pleine compétition.

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Pour le moment, «Pat» craint simplement d'en dire trop. A chaud, il est d'abord temps de pleurer cette élimination. «C'est le moment du grand pardon. La France entière aura besoin d'explications à ce désastre. Mais ce n'est pas le moment de les donner, glisse-t-il. Je le ferai. Je dirai la vérité. Je n'ai rien à cacher. L'équipe de France n'appartient à personne. Les gens ont besoin de savoir la vérité.» On saura alors quel est le point de vue d'un capitaine meurtri par le désaveu de son sélectionneur en pleine compétition.

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Même sanction à venir pour les membres de la fédération. Jean-Pierre Escalettes, qui s'accroche toujours à son poste de président, pourrait payer très cher sa gestion de la crise. Il a déjà essuyé les remontrances de la ministre des Sports. Celle de l'opinion, et des joueurs pourrait être encore plus douloureuse. D'un ton étonnament calme, Eric Abidal enfonce le clou. «La bombe devait bien exploser un jour.» Les responsabilités de chacun seront forcément pointées, selon Alou Diarra, qui regrette l'état dans lequel les Bleus ont abordé la compétition. «Il n'y a pas de hasard, je pense qu'on n'était pas prêt... Il va falloir se remettre en question individuellement et collectivement.»  Une condition essentielle pour entamer le chantier de la reconstruction.