Domenech, prêt à travailler hors cadres?

FOOT La grève des joueurs, dimanche, pourrait contraindre le sélectionneur à effectuer des changements radicaux dans son équipe...

Romain Scotto, à Bloemfontein

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L'attaquant de l'équipe de France, Franck Ribéry, lors de son arrivée à l'aéroport de Bloemfontein (Afrique du sud), le 21 juin 2010.
L'attaquant de l'équipe de France, Franck Ribéry, lors de son arrivée à l'aéroport de Bloemfontein (Afrique du sud), le 21 juin 2010. — REUTERS

De notre envoyé spécial à Bloemfontein (Afrique du sud),

Il paraît que les onze joueurs présents sur la pelouse de Bloemfontein mardi soir, seront «physiquement et psychologiquement aptes». Raymond Domenech pense pouvoir les trouver dans le groupe de 21 rescapés (Ruffier n'est pas qualifié) dont il a encore la charge. Pour combien de temps? Au moins quelques heures, au cours desquelles on peut accorder aux Bleus le droit de rêver d’un improbable exploit face aux Bafana Bafana. S’il a encore le contrôle de son équipe, chose qu’il a tenu à préciser lundi soir devant les médias, le sélectionneur pourrait être amené à faire payer ceux qu’il considère comme les responsables de la fronde de Knysna. 

Il est aussi probable que certains n’aient plus envie de jouer ce dernier match. «C'est une possibilité qu'on va envisager pour savoir quelle équipe aligner», indique le sélectionneur à la veille de ce rendez-vous, en théorie, capital. En lisant dimanche la lettre de ses joueurs, pour mettre fin à «une aberration, une imbécillité, une stupidité sans nom», il entre en opposition frontale avec une partie de ses joueurs. Lesquels? «On ne va pas faire le tri. Quand on parle des joueurs, ce sont les joueurs.» Certains cadres en réalité, dont Patrice Evra et William Gallas, à l’instigation du mouvement de grève de dimanche soir.

Des joueurs qui font profil bas

Au sein du groupe, tous ne cautionneraient pas l’action qui a déclenché la colère des membres du staff. Derrière les meneurs, plusieurs jeunes, ou joueurs moins influents, n’auraient pas eu leur mot à dire concernant les conséquences du départ d’Anelka. Ils se sont contentés de suivre. Sans broncher. Certains auraient même regretté la scène, selon Raymond Domenech, qui n’a pas souhaité livrer des noms, comme s’il devait lâcher du même coup la composition de son équipe mardi soir. Lundi à Knysna, un proche de Mathieu Valbuena n’avait pas de mots pour qualifier l’embarras dans lequel se trouvait son fils, prêt à aller s’entraîner. Mais soucieux de ne pas se mettre en marge du groupe, comme beaucoup d’autres, l’attaquant marseillais a fait profil bas.

Selon Henri Monteil, le numéro 3 de la fédé interrogé lundi par la Charente Libre, des joueurs sont pourtant allés voir Domenech dans sa chambre après l’incident. «Ils pleuraient et disaient  regretter ce qui se passe. (...) C'était des jeunes. Je ne peux pas vous donner de noms. De toute façon les trois ou quatre leaders sont des joueurs sur le déclin, qui ne joueront plus jamais de Coupe du monde.» Ils seront remplacés par ceux qui ont encore un avenir en Bleu. Des joueurs prêts à gagner mardi pour défendre ce qui est devenu une cause nationale, un psychodrame qui agite le pays jusqu’au sommet de l’Etat. Lors d’une intervention auprès des joueurs, Roselyne Bachelot, aurait réussi à faire naître des larmes dans les yeux des Bleus. Selon la ministre des sports, «c’est la réputation de la France qui est en jeu.»