Coupe du monde: Etat d'urgence chez les Camerounais

MONDIAL2010 Les Lions Indomptables affrontent le Danemark samedi dans un match couperet...

Antoine Maes

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Le capitaine du Cameroun Samuel Eto'o et ses partenaires lors d'un entrainement le 18 juin 2010 à Pretoria en Afrique du Sud.
Le capitaine du Cameroun Samuel Eto'o et ses partenaires lors d'un entrainement le 18 juin 2010 à Pretoria en Afrique du Sud. — Themba Hadebe/AP/SIPA

De notre envoyé spécial à Pretoria,

La destinée de l’équipe nationale camerounaise prend souvent des allures d’affaire d’état. C’est encore plus vrai quand elle s’est fait surprendre au premier tour par le Japon (1-0). Dans ce cas-là, les coéquipiers de Samuel Eto’o convoquent pèle mêle la «nation», «Dieu» et «l’état d’esprit des Lions Indomptables». Interventions ministérielles, bagarres entre joueurs et décisions tactiques, c’est tout de même un peu le foutoir.

Le Guen «conscient de ses responsabilités»

Au cœur de la polémique, le sélectionneur français Paul Le Guen. Après la défaite inaugurale contre les Nippons, le Breton s’est fait découper par les médias du pays. Avec des questions du type: «Vous avez un salaire de 180.000 euros, un jet privé à disposition et vous dormez dans un cinq étoiles, qu’est-ce qu’il vous faut de plus pour gagner?».

Vendredi, l’ancien coach de Lyon n’a pas esquivé les attaques. «Il faut mettre les joueurs en face de leurs responsabilités. J’assume les miennes, sans réserve, mais il faut retrouver cet état d’esprit si particulier, celui des Lions Indomptables», lance «PLG». Vendredi, à l’entraînement, les Camerounais ont commencé par réinstaurer les chants avant les entraînements. «J’ai appris à apprécier leur échauffement si particulier. J’ai suggéré de le reprendre, ça faisait longtemps qu’on ne l’avait pas fait», sourit Le Guen. Et ce n’est pas si anodin: car les rumeurs d’une ambiance délétère sont apparues ces derniers jours.

Eto’o: «Il n’y a jamais eu de bagarre»

Le joueur de l’Inter est au cœur de ce problème: il se serait battu avec le jeune Alexandre Song. Dans les sous-sols du Loftus Versfeld de Pretoria, Eto'o a fait sa mise au point. «Ce ne sont que des rumeurs. Il n’y a jamais eu de bagarre au sein de notre équipe, et il n’y en aura jamais. Tant que les joueurs me feront confiance, que l’entraîneur me fera confiance, que le peuple camerounais me fera confiance comme capitaine, ça n’arrivera pas», jure l’ancien Barcelonais.

Vendredi, il a même assisté comme spectateur à la conférence de presse de ses coéquipiers. «Je suis Camerounais, je suis libre d’y assister. Parce qu’écouter vos questions, c’est écouter celle du peuple camerounais», assure le plus sérieusement du monde l’attaquant. Déjà allumé par Roger Milla avant la compétition, Samuel Eto’o aimerait avoir autre chose à penser. A commencer par son positionnement sur le terrain.

Réaménagement tactique

Car le vrai problème est là. Contre le Japon, le 4-3-3 de Paul Le Guen n’a pas pris. Le coach assure pourtant «avoir mis le maximum de joueurs à leur poste préféré en club». Mais les réunions, entre joueurs et même avec les ministres, se sont succédées depuis, et la tendance est au retour du 4-4-2.

Avec qui? A priori, Alexandre Song, Geremi et peut être Idrissou. Ceux-là devrait être les grands gagnants de ce remaniement. Tout comme Samuel Eto’o, qui a expliqué vendredi «qu’il ne serait pas loin des buts». Fini donc son exile sur l’aile droite, comme avec Mourinho. «Contre le Danemark, il y aura des changements. Je fais mon métier d’entraîneur, conscient de mes responsabilités. J’ai une ligne directrice, mais je ne suis pas obtus», assure Paul Le Guen. Pour le reste... «Dieu prendra sa décision. Mais quand on donne tout, à la fin, souvent, le Cameroun gagne», conclut Samuel Eto’o. Et si les Danois brûlent un cierge?