Equipe de France: Le fiasco qu'ils n'ont pas vu venir

FOOT Dans leur bulle, les Bleus ont constamment refusé de voir les choses en face depuis le début de la compétition...

Romain Scotto, à Polokwane

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Le défenseur et capitaine de l'équipe de France, Patrice Evra, lors de la défaite de la France face au Mexique, le 17 juin 2010 à Polokwane (Afrique du sud).
Le défenseur et capitaine de l'équipe de France, Patrice Evra, lors de la défaite de la France face au Mexique, le 17 juin 2010 à Polokwane (Afrique du sud). — C.Simon/AFP

De notre envoyé spécial à Polokwane (Afrique du sud),

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Le plus belles images de la Coupe du monde...

Il y avait donc bien quelque chose de déraisonnable, d’absurde, voire d’inconscient dans les propos de Patrice Evra, juste avant ce match. A la veille de la déroute mexicaine (0-2), le capitaine des Bleus parlait encore de titre de champion du monde. Il était encore question «d’aller au bout» sans jamais imaginer une seconde d'être dans l’avion du retour la semaine prochaine. Ces mots n'ont pas été prononcés dans un film de science fiction, mais lors de son dernier point presse, au stade de Polokwane.

«Pas une grande équipe»

On peut aujourd’hui mettre cette ultime déclaration d’intention sur le compte d’un manque de discernement. Car cette défaite a au moins le mérite d’avoir sorti toute une équipe de la schizophrénie qui la frappe depuis un mois, date du premier rassemblement. «On ne l’a pas vu venir, se rétracte maintenant Patrice Evra, yeux rougis et gorge serrée. Il faut assumer... On n'est pas une grande équipe sur le terrain. Il n'y a rien à dire sauf que c'est une grosse catastrophe. Au début du stage, je pensais que les leçons de l'Euro avaient été retenues.» Il faut croire que ce n’est pas le cas. Les Bleus ont fait fausse route sans s’en rendre compte. Dans leur bulle, personne ne s'est jamais élevé pour tempérer ce sentiment de confiance. Un faux semblant.

Forcément, le coup est rude pour les joueurs qui ont soudainement l’impression de tomber de haut. «Vu le résultat et la performance, il n'y a pas grand-chose à dire, s’incline Toulalan, l’un des rares titulaires venu s’exprimer dans les sous-sols du Peter Mokaba Stadium. On est dans une spirale tellement négative...» Pour beaucoup, cela fait deux ans que cette équipe est programmée pour le crash. Mis à part quelques «doutes» émis en cours de route par certains (Govou, Gourcuff), on n’a jamais senti l’amorce d’une remise en question, dans une équipe où l’association des individualités n'a jamais abouti à la construction d'un vrai collectif.

Des choix jamais justifiés

Sentant poindre les critiques, Raymond Domenech a toujours trouvé un bouclier à brandir. L’obtention d’un billet pour l’Afrique du sud, pendant cette triste campagne qualificative. Puis l’insignifiance des matchs amicaux, lors de la phase de préparation qui a suivi le stage de Tignes. Jamais le sélectionneur n’a justifié ses choix, commenté les errements de son équipe. Il a toujours demandé du temps, parfois avec une certaine suffisance. Comme si les choses allaient changer au moment le plus important. Comme par enchantement?

Même si la France n’est pas mathématiquement éliminée de cette Coupe du monde, Raymond Domenech quittera probablement l’équipe de France la semaine prochaine, après le match de l’Afrique du sud, sur un sombre constat d’échec. La débâcle des Bleus est clairement celle de son entêtement, de son aveuglement depuis près de deux ans. Voire de son arrogance. Même en Afrique du sud, où elle fait partie des mets nationaux, la tactique de l’autruche a ses limites.