Les Bleus ou la culture de la gagne

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Revenus en héros hier matin, les champions d'Europe peuvent déjà s'estimer dignes de leurs glorieux aînés

Les « Barjots », les « Costauds » ou la bande de « Jack » Richardson, double championne du monde, avaient fait les beaux jours du handball tricolore, ces quinze dernières années

Avec ce premier titre continental, remporté dimanche contre l'Espagne, c'est la nouvelle génération, composée de Daniel Narcisse, Nikola Karabatic, Luc Abalo et Michael Guigou, qui a ajouté une ligne au plus beau palmarès des sports collectifs français

Le capitaine Olivier Girault est l'un des rares à avoir assisté à la transition entre les deux générations

« A l'époque, tout était hiérarchisé

Il y avait les tauliers et les autres

Maintenant, chaque joueur prend ses responsabilités », estime l'ailier parisien

« Toutes les générations précédentes avaient inscrits leur nom dans l'histoire

Maintenant, c'est notre tour et j'espère que ce n'est pas fini », explique le fantasque ailier Michaël Guigou, auteur d'une fin de tournoi étourdissante

Au sommet de leur art individuellement, les Français ont puisé leurs ressources dans les doutes qu'ils avaient eux-mêmes provoqués avec des derniers résultats en dents de scie (3e au Mondial 2005, 6e à l'Euro 2004)

« Les gens ne croyaient pas en nous, on voulait leur prouver qu'ils avaient tort », assure le taciturne Daniel Narcisse, qui a enfin répondu aux attentes placées en lui

Les Bleus tenteront désormais de confirmer leur nouveau statut dès 2007, lors des Mondiaux chez le voisin allemand

Gaël Anger