La course change de nom mais pas d'ambiance

©2006 20 minutes

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Le Touquet, hier, 11 h

Odeur d'essence

Crachin d'hiver

Sur les marches du Palais de l'Europe, les quelques 1 000 motards de l'Enduropale, nouveau nom de l'Enduro du Touquet, font tomber les grilles qui les séparent de leurs bolides

« C'est pire que les soldes

Certains sont prêts à faire tomber ta bécane pour trois mètres », lâche Patrick, concurrent amateur, mi-énervé, mi-angoissé à 45 minutes du grand départ

En première ligne, les frères Potisek font les malins devant leurs fans, pendant qu'un curé bénit les concurrents

« Seigneur, aide-les à vaincre les peurs et les risques liés à cette épreuve

» Trêve de prières

Au bout de la rue Saint-Jean, c'est l'enfer des dunes – artificielles cette année – qui les attend

Timoteï Potisek est devant

Derrière lui, la meute : Moussé, Demeester, Verhaege

Ils volent sur le sable, quand les amateurs s'y enlisent sous le regard amusé de la foule

Peter, un anglais acnéique, s'est posté en plein virage

Les concurrents lui envoient une gerbe de sable à chaque passage

« J'attends une chute », lâche-t-il, stoïque

Sous la piste, le tunnel qui permet de rejoindre la plage est bondé

Une femme croit reconnaître le bruit de la moto qui passe au-dessus : « C'est mon fils, j'en suis sûre

Le bruit de sa Yamaha, c'est comme une petite musique

» Sur la ligne d'arrivée, les engins sautent comme des cabris sous les regards amusés des VIP, coupe de champagne à la main

Timoteï Potisek passe une nouvelle fois sous leurs yeux, toujours en tête

S'ensuit le long défilé des « poireaux », les amateurs aux casques de plus en plus baroques à mesure que l'écart grandit avec les leaders

Crête de coq, tortue sur la visière

Un vrai bestiaire

Mais la bête des dunes, la seule, l'unique, c'est Timotéï Potisek

De Merlimont au Touquet en passant par Stella-Plage, il n'aura jamais lâché les commandes

Il pouvait serrer le poing sur la ligne d'arrivée, avant de prendre une douche de champagne

Pour les centaines d'autres, il ne restait plus que du sable

Antoine Maes